Coup d’envoi du festival Un Etat du monde… et du cinéma

Vendredi soir s’est tenue au Forum des images de Paris la soirée d’ouverture du festival  Un Etat du monde… et du cinéma . Discours des organisateurs et projection du film  The Cut  réalisé par Fatih Akin ont lancé 10 jours de rencontres, débats et avant-premières. Avec tous un point commun : montrer et expliquer ce qu’est le monde d’hier et d’aujourd’hui par le prisme du cinéma.
Un état du monde… et du cinéma / 6e édition par forumdesimages

« Le cinéma a souvent un coup d’avance » . Voilà ce qu’assène Pierre Haski sur l’estrade du Forum des images. Le journaliste et co-fondateur de Rue 89 a accepté d’être le parrain de cette nouvelle édition du festival. Il suffit de prendre l’exemple du cinéma iranien pour s’en convaincre : avant que le peuple ne se soulève, des films comme A propos d’Elly (2009) montraient la complexité de la société. Cet excellent film sera d’ailleurs projeté au cours d’ Un Etat du monde… et du cinéma , dans le cadre d’une mise en avant de la jeune mais brillante carrière de l’actrice iranienne Golshifteh Farahani.

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Autre invité d’honneur du festival : le réalisateur allemand d’origine turque Fatih Akin. Il était présent vendredi soir pour la cérémonie d’ouverture. « Je me sens particulièrement à l’aise ici : la vision du cinéma qui s’y dégage me correspond bien. Je ne prétend pas que seul le cinéma peut changer les choses : ce sont les spectateurs qui le peuvent aussi » , explique-t-il en anglais.

Il était également heureux de présenter pour la première fois à un public français son nouveau film, The Cut , boudé à la Mostra de Venise. Le Forum des images a du faire face à un tel afflux de réservation, qu’il a décidé au dernier moment d’ouvrir une seconde séance au public !

Le cinéaste s’est attaqué à un sujet peu traité au cinéma : le génocide arménien qui tua 1,5 million de personnes en 1915. Sa sortie, prévue en janvier 2015, tombe à point nommer pour commémorer les 100 ans du tragique événement, toujours nié par la Turquie. Pour éviter toutes représailles sur des acteurs vivant là-bas, le réalisateur Fatih Akin a du se résoudre à engager des comédiens non turcs – notamment les Français Tahar Rahim et Simon Abkarian, également présents au Forum des images. Si un tel film est nécessaire, voire même indispensable, pour faire changer les mentalités sur ce sujet, The Cut n’est pas le film le plus réussi du réalisateur… Cinémapolis vous dira prochainement pourquoi.

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Le lendemain, le souriant et humble Fatih Akin était de retour au Forum des images pour raconter, images à l’appui, son parcours et sa carrière traversée par le métissage des cultures. Révélé en France il y a 10 ans avec Head-On , Ours d’Or du festival de Berlin, le réalisateur s’est confié avec simplicité et décontraction. Présenté par Philippe Azoury, journaliste à l’ Obs qui a animé la masterclass, comme « notre biographe à tous » tant ses films font écho à chacun, Fatih Akin a affirmé travailler toujours avec honnêteté. Pour preuve, les correspondances souvent stupéfiantes entre ses films et des événements qui ne se sont pas encore produits. On pense par exemple aux répressions policières d’ Head-On , prémisses de ce qu’on voit depuis quelques années place Taksim.

C’est également grâce à ce film qu’il a découvert la musique turque, qui lui a permis par la suite de réaliser le documentaire Crossing the bridge, the sound of Istanbul . La musique a une importance capitale pour lui puisqu’il avoue volontiers : « Je fais tout en musique… même dormir ! J’écris mon premier jet pour mes scénarios en musique aussi, surtout du jazz. Le hip-hop, ce n’est pas possible dans ces instants-là : y a trop de paroles ! »

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La Turquie est le sujet autour duquel Fatih Akin a le plus tourné. Né dans une famille originaire de ce pays, il explique avoir été élevé dans un entourage apolitique où tout était tabou. Faire du cinéma devenait alors un moyen pour lui de chercher des réponses à ses questions, devenant « le mouton noir de la famille, le seul à être de gauche » ! Pourtant, ce n’est pas à un cinéma engagé que le réalisateur doit ses premiers frissons de cinéma mais… à des films de zombies ! « A 8 ans, je regarderai Roméro avec mon grand frère « , avoue t-il.

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Lui qui concède être « un mauvais acteur » fonctionne par la confiance avec ceux qu’ils dirigent… Voire même plus ! « Ma femme Monique est au courant : j’ai besoin de tomber amoureux de tous mes acteurs : par le biais de la caméra, il faut que je leur fasse l’amour » , plaisante Fatih Akin. Pour donner plus de crédibilités aux êtres de fiction, il donne à chaque acteur des fiches extrêmement fournies sur la psychologie de leur personnage : « Ca permet de raconter une histoire du point de vue des personnages, et non de les faire agir comme soi-même on réagirait ».

Si vous souhaitez (re)découvrir la filmographie du vif et passionné Fatih Akin, rendez-vous pour des projections au Forum des images demain, mercredi et vendredi, ou rendez-vous sur ce Pinterest pour un retour en images sur la carrière du réalisateur : [http://www.pinterest.com/forumdesimages/fatih-akin/->http://www.pinterest.com/forumdesimages/fatih-akin/]

Plus d’infos sur le festival : [->http://www.forumdesimages.fr/les-films/les-programmes/un-etat-du-monde-2014]

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