The Go Go Boys

The Go Go Boys raconte l’épopée de 2 producteurs israéliens, Menahem Golan et Yoram Globus, connus pour s’être lancés dans la production en chaîne de films d’actions low budget dans les années 80 via le studio Cannon.

Régime en cavalerie

La méthode Golan-Globus ? Tourner, tourner et tourner. En un peu plus de 10 ans ils auront produit pas loin de 300 films. Peu de développement, beaucoup de marketing. Méthode qui leur assurera un succès rapide mais qui causera inéluctablement la perte du studio. Face à l’insuccès de leurs productions au tournant des années 90, lié, entre autre, à l’inflation des budgets chez les majors, Golan, contre l’avis de son partenaire, cherchera à éponger les dettes du studio en produisant encore plus. Il en précipitera l’effondrement.

Qu’est-ce que la Cannon ?

Quand on pense à la Cannon nous vient en vrac des images de ninjas bondissants, de vétérans du vietnam surarmés, de justiciers revanchards, de karaté dans la jungle et de vannes poussives. Des films crétins et jouissifs, qui recyclent sans pitié le moindre succès du box-office. Golan et Globus ont lancé la carrière de Michael Dudikoff qui aura donné au film de ninja américain ses lettres de noblesse, de Jean-Claude VanDamme – qui rappelle l’anecdote ultra connue de sa rencontre avec Golan – et de ce bon vieux Chuck Norris. Il n’y aurait pas eu de Chuck Norris facts sans la Cannon.

Success story

Mais la réalisatrice raconte surtout une success story ; c’est le parcours des producteurs qui l’intéresse. Le vieux mythe du « parti de rien », des gosses qui rêvaient de cinéma, etc… Elle parle peu des films en eux-mêmes, qu’elle sait être, dans l’ensemble, plutôt mauvais. Mais c’est dommage. Parce qu’aussi idiots soient-ils, il s’est constitué auprès d’un certain public une nostalgie des productions Cannon. Nul et culte. Eli Roth, interviewé, défend cette idée.

Des mauvais films mais un enthousiasme de gosse, c’est l’image d’Ed Wood qui vient. Il faut le dire, Golan et Globus en sont loin. Les 2 producteurs furent, en fait, de fieffés roublards. Des jeteurs de sorts au marché du film, presque des caricatures. On a un peu de mal à adhérer à cette image d’innocence qu’Hilla Medalia cherche à leur prêter. Et à la limite même, la présentation, images d’archives à l’appui, des 2 enfants qui ne connaissent encore rien des rouages du business cinématographique mais qui veulent déjà remplir des salles de cinéma répond à la fausseté de leurs films. A 6 ans le petit Menahem organisait ses 1ères projections à Tel-Aviv. C’est un parcours tout fait, facile, évident, kitsch, un scénario à la Cannon en quelque sorte.

Filou jusqu’au bout

La dernière scène est par contre, ô combien significative et triste. Avec la chute de leur studio, les 2 producteurs se sont quittés en de mauvais termes et ne se sont plus revus depuis. La réalisatrice les réunit ; retrouvailles des 2 golden boys. Et Golan de brandir un script à son ancien partenaire en lui affirmant avec sa bonne vielle gouaille que grâce à celui-ci, garantie sûr et certain crois-moi je-te-la-fais-pas-de-travers , ils vont avoir l’oscar du meilleur film. Ils ont produit 300 films, n’ont jamais eu l’oscar du meilleur film, mais, peu importe, là ça va être différent. A 85 ans Menahem Golan, plutôt que voir sa carrière avec recul et fierté, tout en ayant conscience de sa roublardise, continue son numéro de vendeur de camelote ; et le plus navrant, c’est qu’il le joue à son propre partenaire, celui qui sait, plus que quiconque, à quel point tout ça est artificiel. Quelques mois plus tard il mourrait.

Titre : The Go-Go Boys

Réalisation : Hilla Medalia

Date de sortie : 22/10/2014

Distribution : Paradis Films

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