Macbeth

Macbeth est la 1ère adaptation de Shakespeare qu’Orson Welles portera à l’écran. Suivront Othello ( 1952 ) et Falstaff ( 1965).

Macbeth est une des grandes figures tragiques du théâtre de Shakespeare. Son sort est scellé dès la 1ère scène : il sera roi, il sera déchu. Grandeur et Misère ne lui parviennent pas successivement, qu’il puisse savourer l’une avant de subir l’autre, mais ensemble, inextricablement liées. Macbeth n’a pas tué Duncan qu’il s’en repend déjà et se voue lui-même à l’infamie.

Le film a été tourné entièrement en studio dans des décors de carton-pâte, plutôt réussis pour peu qu’on ne perde pas de vue qu’il s’agit de l’adaptation d’une pièce de théâtre.
Dunsinane, où se déroule la majeure partie de l’action, n’est pas tant un château qu’un sanctuaire troglodyte fait d’escaliers sculptés à même la roche et de caves qui tiennent lieu de chambres. Rois et princes couchent sur des peaux de bêtes. Les murs suintent en permanence ; l’atmosphère est épaisse, humide, constamment chargée d’orages. L’extérieur est le domaine des sorcières, l’intérieur est hanté de spectres. Macbeth se représente la mer ( «  les multitudes marines ») verte. On a peu de mal à concevoir que la violence et la folie germent en pareil endroit.

Macbeth vit un cauchemar qu’il essaie de conjurer en en repoussant le plus loin l’horreur. Plus il progresse plus ses crimes perdent de sens. S’il assassine Duncan par ambition c’est la paranoïa qui le pousse à supprimer Banquo et on ne sait même plus pourquoi il tue la femme et les enfants de MacDuff. Que la réalité revienne, que l’épouvante cesse ! A force de meurtres, il y a bien un moment où tout devra s’arrêter. Comme si la toile du rêve devait nécessairement finir par se déchirer.
Orson Welles fait un Macbeth fiévreux, le front trempé de sueur, couronné ivre, et à demi fou le reste du temps. Mais il oppose cependant à la démence du monarque écossais sa formidable force de caractère. Si Macbeth voit le cauchemar envahir sa réalité, sa femme, elle, rompt pour de bon les amarres et se laisse sombrer dans une vie somnambulique où elle ne cesse de se frotter les mains pour en laver un sang invisible. Pour l’un le rêve pénètre le réel, pour l’autre, c’est l’inverse.

Orson Welles insiste sur le climat de paganisme qui doit tant au charme de la pièce et va jusqu’à faire de Ross, originellement un noble, une espèce de sauvage hirsute, à moitié prêtre à moitié druide. S’il y a des interpolations de scènes, le texte, dans l’ensemble, est assez respecté.

Le film ressort en salles en version restaurée le 10.

Titre : Macbeth

Réalisation : Orson Welles

Scénario : Orson Welles d’après William Shakespeare

Interprétation : Orson Welles, Jeanette Nolan

Date de ressortie : 10/09/2014

Distribution / Edition : Carlotta Films

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