Ouverture de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Entre deux immeubles haussmanniens de l’avenue des Gobelins ouvre mercredi 10 septembre la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé. Le nouveau bâtiment, d’une superficie de 2200 m2, se dresse sur 5 étages. Ce lieu inédit est dédié à la mémoire du cinéma muet et aux archives de Pathé et Gaumont, les deux plus anciennes sociétés de production au monde encore en activité. « Un lieu unique au monde »  précise Jérôme Seydoux. Le célèbre homme d’affaires et son épouse, Sophie Seydoux, présidente de la Fondation, ont-ils réussi leur pari ambitieux ?

 

« Le Drame et la Comédie » : au 73 avenue des Gobelins (13e), la superbe façade, signée Auguste Rodin, marque l’entrée de l’ancien théâtre des Gobelins, bâti en 1869. A l’arrière, on aperçoit désormais la coque argentée d’un bâtiment de cinq étages, signé de l’architecte Renzo Piano, à qui l’on doit notamment le Centre Pompidou. Visuellement, le bâtiment est grandiose, un sorte de tapir moderne qui contraste avec l’ancienneté des immeubles adjacents. « Ce bâtiment a été dessiné par la nécessité : il s’est érigé dans une cour, il ne fallait pas enlever de la lumière au voisinage » , confie Jérôme Seydoux. Outre sa verrière aux deux niveaux supérieurs, l’intérieur mêle un subtil mélange de bois et d’acier. « C’est un bâtiment très cinématographique, avec un jeu constant entre ombre et lumière », explique Jérôme Seydoux.

Commençons notre visite par le sous-sol. Des expositions seront proposées en réponses aux films qui seront projetés dans la salle juste à côté, d’une capacité de 68 places. La Fondation a préféré miser sur la qualité du son et des images, au détriment du nombre de sièges. La cabine de projection de la salle Charles Pathé est ainsi dotée d’un équipement permettant la projection de tous les formats : deux projecteurs 35 mm de marque Kinoton modèle FP30 E et FP38 E (16/35) à vitesse variable (de 10 à 30 images/seconde) équipés de lampes Xénon 1000 watts et d’un projecteur Sony 4K modèle SRX R320. Avec une ambition : que cette salle devienne la référence en matière de cinéma muet. Tous les jours, 2 séances seront proposées, 4 le samedi.

La programmation débutera le 10 octobre à 14h par le fonds Morieux. « Pierre Morieux était un forain qui achetait des films et avait fait fortune avec son théâtre mécanique , détaille Sophie Seydoux. Toute sa collection avait été conservée depuis 1907 dans un grenier jusqu’à ce qu’elle soit léguée à la Fondation « .

Le premier étage est dédié à une exposition permanente retraçant l’histoire et l’évolution des caméras et projecteurs Pathé depuis 1896 jusqu’aux années 80. Plus de 150 appareils sont exposés, avec des petits films ludiques sur tablettes pour les mettre en scène.

 

Les étages supérieurs ne seront pas ouverts au public. Le 2e et 3e étages conservent les archives de la Fondation. On peut y lire des correspondances, comme celle entre Abel Gance et Charles Pathé lorsque ce dernier parlait de son projet de faire une Cinémathèque à l’emplacement de l’hôtel de Craillon. Ou encore y voir le premier livre de compte de Pathé. Ou suivre le tournage d’un film uniquement en décryptant les comptes de celui-ci. Une véritable Bible du cinéma avec plus de 27 000 documents imprimés, certains remontant au 19e siècle.

Enfin, le dernier étage est visuellement le plus réussi. Destiné aux chercheurs et étudiants, l’espace sous une coque de verre invite plus au rêve et à la contemplation du ciel qu’à la lecture de l’intégralité de la collection mise à disposition. Arnaud de Fontenay, qui a la charge de la direction de la Fondation sous la présidence de Sophie Seydoux, rappelle que cette consultation n’est possible que sur rendez-vous.

Tous les ingrédients sont réunis pour faire de cette Fondation un temple du cinéma muet : l’architecture, la diversité des ressources, l’importance des documents, la figure charismatique de Jérôme Seydoux, … L’ouverture de cette Fondation place un peu plus le 13e comme un arrondissement incontournable du 7e art à Paris. De l’autre côté de l’avenue des Gobelins, Gaumont va ouvrir courant 2015 plusieurs salles consacrées aux films d’époque restaurés. Un peu plus loin, le MK2 Bibliothèque a inauguré quatre nouvelles salles qui font la part belle au cinéma d’art et d’essai.

Seule ombre au tableau : le milliardaire Jérôme Seydoux est également propriétaire du Grand Ecran Italie, une salle de spectacle en sous-sol du centre commercial Italie 2, d’une capacité de 700 places. Bien que de nombreux opérateurs culturels souhaitent la reprendre, Jérôme Seydoux s’y oppose et veut en faire… une salle de fitness low cost ! Une aberration pour ce bâtiment, seul témoin dans la capitale de l’architecture monumentale japonaise de la seconde moitié du XXe siècle.

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