Maestro

Que se passe-t-il quand un jeune premier qui rêve de blockbuster hollywoodien se retrouve embarqué dans un film d’auteur ? Réponse avec Maestro , inspiré de la rencontre entre les regrettés Jocelyn Quivrin et Eric Rohmer il y a 7 ans sur le tournage des Amours d’Astrée et de Céladon . Plus qu’un simple film en hommage aux deux artistes, Maestro est une vraie ode lancée au cinéma et à la vie.

Le maestro du film, c’est Cédric Rovère, interprété par Michel Lonsdale. Grand maître lettré du cinéma d’auteur, il vit ses tournages comme une histoire de passion et non d’argent. Pour son dernier film L’Astrée adapté d’un roman pastoral du XVIIe, le maestro est entouré d’une équipe de comédiens et techniciens tous aussi passionnés que lui et totalement admiratifs de son travail… Sauf Henri, campé par Pio Marmaï, qui s’est retrouvé embarqué dans le projet totalement par hasard. Lui qui rêvait de tourner dans un film d’action à la Fast and Furious va être plongé en plein tournage bucolique au fin fond de la Creuse.

Un hymne au cinéma

Une situation déroutante qu’a connue la star montante du cinéma français Jocelyn Quivrin en 2007. Cela l’avait tellement transformé qu’il avait décidé d’en faire un film. Décédé tragiquement en 2009 dans un accident de la route, son projet a été repris par son ami Léa Fazer. « Ce sera un film sur ce que je sais par Jocelyn, puisque moi je n’ai pas vécu le tournage avec Eric Rohmer. Ce qui donne sans doute de la distance et me laisse de l’espace pour ajouter de la fiction » , confie la réalisatrice.

La première liberté prise par Léa Fazer est dans le choix des acteurs : le barbu et enrobé Michel Lonsdale est aux antipodes du sec Eric Rohmer, alors que Pio Marmaï est aussi brun que Jocelyn Quivrin était blond ! Et pourtant, le duo formé par les deux acteurs est juste et touchant du début à la fin.

Au-delà de ces aspects physiques, l’histoire ne colle pas à une réalité pure et dure. Cette mise en abyme n’est qu’un prétexte pour rendre hommage à un type de cinéma qui n’existe plus, à une idée du septième art 100% débrouille, où chacun y met du sien. Les acteurs doivent se donner à fond sur chaque prise car les bobines sont comptées, la costumière use d’astuce pour qu’on ne reconnaisse pas le seul figurant du film présent dans tous les plans, l’ingénieur son n’a que le chant des oiseaux comme effets sonores… Une des comédiennes prend d’ailleurs des photos tout au long du tournage, consciente que ce qu’elle vit « va disparaître » .

Une histoire de transmission

Mais le film ne se cantonne pas à s’adresser à un public élitiste et cinéphile. Habituée aux comédies, Léa Fazer, qui avait notamment réalisé Notre univers impitoyable avec Jocelyn Quivrin et sa compagne Alice Taglioni, n’a pas laissé de côté son humour pour Maestro . Les blagues potaches et inénarrables bévues du héros sont parfaitement utilisées pour parler de la transmission. « J’aime dire que j’ai fait un film sur maître Yoda et Luke Skywalker » , plaisante Léa Fazer.

Ce film raconte une merveilleuse histoire d’amitié et de partage entre deux générations. Celle-ci va totalement bouleverser la vie d’Henri, l’éveiller à la poésie et à l’amour. Car en plus de débarquer dans un monde étranger, Henri va tomber sous le charme de la fille la plus raffinée du groupe, la mystérieuse Gloria interprétée par Déborah François (les deux acteurs avaient déjà joué ensemble dans l’excellent Premier jour du reste de ta vie ). Une histoire d’amour ajoutée par Léa Fazer, qui souhaitait ainsi évoquer la passion qui unissait Jocelyn Quivrin et Alice Taglioni même s’ils se sont rencontrés sur un autre tournage.

La rencontre entre Henri et Cédric Rovère va également donner un coup de jeune au réalisateur vieillissant. Un magnifique gros plan lors du casting au début du film montre les yeux du metteur en scène qui s’animent de nouveau lorsqu’Henri récite les premiers mots du texte. « Je vous ai fais confiance » , dira-t-il plus tard, avant de demander, plein de malice, au djeun’s ce que signifie « je la kiffe gros » !

Maestro est donc une jolie surprise qui allie comédie populaire et film cinéphile. Et qui pourrait se résumer par l’une des répliques de Cédric Rovère : « Jouissez de la vie, il est déjà beaucoup plus tard que vous ne le pensez »

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One Response to "Maestro"

  1. chabrier says:

    Merci pour cet article très éclairant mais attention à l’orthographe !

    Répondre

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