Cutter’s Way

C’est l’histoire de 2 amis, Cutter et Bone ( très buddy movie les noms ) un peu brisés. L’un est un vétéran du vietnâm, où il a laissé sa tête et une partie de son corps, l’autre, un lâche qui ne s’engage dans rien – à commencer par la guerre – évite les ennuis, se réconforte à la bouteille. Ils font un ménage à 3 avec une fille, paumée elle aussi. Bone – campé par Jeff Bridges – par un hasard un soir, voit un type se délester d’un cadavre dans une benne à ordure. Il le voit, je disais, il l’entraperçoit plutôt, retient principalement une silhouette et des lunettes de soleil. Il se persuade, sur la seule base des lunettes et de l’intuition, que JJ Cord, un industriel puissant, est le coupable. Fidèle à sa nature, il se contenterait bien de maudire ce notable, riche et influent, et de s’en tenir là. Un bouc émissaire qui rende sa lâcheté un peu plus digeste, que demander de mieux ? Cutter, que l’échec idéologique de la guerre a laissé sur sa faim, irait bien, lui, châtier cette crapule. Il veut de la justice, de l’héroïsme, des faits d’armes. Les 2 amis tout à leur parano, décident de confondre Cord par la biais d’un chantage.

Ce film a été tourné en 1981 par Ivan Passer, réalisateur tchécoslovaque, et ancien collaborateur de Milos Forman. On lui doit, entre autre, le scénario de Les Amours d’Une Blonde .

Le film repose sur une bonne idée, celle de l’enquête paranoïaque ; on ne sait jamais si la suspicion des 2 héros est fondée ou s’ils divaguent complètement. Tout porte à croire qu’ils se fourvoient et en même temps, pour des raisons cinématographiques évidentes, on a envie de les suivre et de prendre leur parti. On peut même dire que c’est l’absolue évidence de leur méprise qui leur donne le plus raison et joue le plus en leur faveur.
Malheureusement, John Heard qui fait Cutter, cabotine un peu trop. Il faut dire que alcoolique, à demi-fou, borgne, éclopé, manchot et ricanant tout le temps, Passer ne lui a guère laissé le choix de la mesure. On regrette aussi que les 2 personnages ne soient pas un peu mieux socialement définis. On les voit, tour à tour épaves de bar, noctambules, sans attaches ; on les croit sans emploi d’abord, on leur découvre une maison honnête, un bateau – dont ils ne sont peut-être pas propriétaires mais peu importe.

Il y a aussi quelques stéréotypes typiques de l’époque : le désir de vouloir traduire le désenchantement de l’Amérique moderne, de faire agoniser les derniers mythes – en même temps que de les rêver. Tout ça est un peu trop dit, trop visible parfois. Le film tangue entre 2 tendances, le thriller et l’aventure de 2 naufragés, ne choisit ni complètement l’une, ni complètement l’autre. Ca donne un film un peu bancal, avec des inspirations et des à peu près. On aurait aimé l’intrigue plus serrée. La fin, cependant, est plutôt réussie.

Il ressort en salles le 25 juin.

written by

The author didn‘t add any Information to his profile yet.

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

/**