Under the Skin

C’est difficile de présenter l’histoire de ce film sans en dire un peu trop. Il est adapté d’un roman de Michel Faber ; en jetant un bref coup d’oeil sur sa page wikipedia – ce qu’on décommande à ceux qui souhaitent vraiment découvrir le film – on se rend compte à quel point il en a réduit la trame à peau de chagrin. Glazer supprime tout le background qui présente les personnages, les situe, donne leur motivation. Il ne conserve que les gestes. Scarlet Johansson attire des hommes, les séduit, et les tue. De quelle manière et à quelle fin ? On ne sait pas exactement.

D’un côté une épuration maximale, de l’autre une certaine sophistication. Les scènes où Johansson attirent ses proies à elle sont les plus révélatrices de ce mélange. Elle recule, se déshabille, l’homme avance, fait de même, pénètre un épais liquide noir, s’y enfonce, et disparaît complètement. On perdrait son temps à essayer d’expliquer ce qui passe, ou à rationaliser ces passages. Où sont-ils ? Quel est ce liquide ? Pourquoi l’homme y plonge indifféremment ? etc… Tout ça est symbolique. L’éclairage qui montre les comédiens entièrement dans la lumière alors que la salle est plongée dans une obscurité totale est déjà irréaliste en soi. C’est une représentation imagée de ce qui se passe, non ce qui se passe réellement. Un rite, la parade de la mort et de la séduction, qui se répète, éternellement à l’identique.

Un homme en moto cherche Johansson tout du long. Comme on ne sait pas si son identité à elle, est-elle une sorte de vampire, vient-elle d’une autre planète ? on ne sait pas plus son identité à lui ; on le suppose de même nature. Il donne une étrange impulsion au récit, une urgence ; en chasse, avec une idée fixe, il est l’inverse de Johansson qui maraude, sans but.

On n’a pas les clés mais on se laisse malgré tout prendre par le rythme languide du film, qui doit beaucoup à une très belle partition de Mica Levi – connue aussi pour sa contribution à la musique pop sous le nom de Micachu – ainsi que par son mélange de froideur et de sensualité.

Les choix de Johnatan Glazer en rebuteront plus d’un, à commencer par les fans de Scarlet Johansson qui la découvriront dans un rôle très différent de ce qu’elle a campé jusque là, mais il faut reconnaître au cinéaste le courage de ses parti pris.

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