The Rover

Ca partait pas mal ce film : une voiture fonce à travers le désert, se retourne devant une petite baraque perdue. C’est une habitation, une boutique, allons savoir, quoiqu’il en soit, il y a dedans un type absolument éteint, qui se gnôle consciencieusement. Les types de la voiture, des gangsters, ils se sont disputés, quittent leur véhicule, pas trop meurtris pas les tonneaux, forcent la 1ère voiture qu’ils voient et s’en vont. Le gars de la baraque, pose sa bouteille, sort, désempêtre la tire des malfrats, et les prend en chasse. Tout ça se passe on ne sait trop où, on ne sait trop quand, quelque part dans le futur, quelque part dans les grands plateaux du Centre de l’Australie, le désert devant, le désert derrière, et la Mort à l’horizon.

Les moteurs et la violence, ça pourrait être Mad Max , mais ça n’y ressemble pas tout à fait. Il y a plutôt dans ces figures solitaires, mutines et indifférentes à la mort, quelque chose qui fait penser à Nicolas Wending Refn. C’est un road movie où on se tait et on tue. Il y a dans tout ça une simplicité, une brutalité dans les esquisses, les personnages, qui peut donner un film dense ou, au contraire, et c’est à craindre, un film creux. Double tranchant de l’épure stylistique : c’est une façon de ne garder que l’essentiel ou c’est un révélateur du manque de matière humaine. Cette ambivalence, entre la potentielle profondeur et la futilité, se ressent jusque dans le titre, The Rover, le vagabond .

David Michôd, double casquette de réalisateur et scénariste, est allé imaginer une suite d’épisodes qui séquencent le parcours du héros : le médecin qui vend des chiens, la caserne militaire, etc… Les idées sont plus ou moins inspirées, certaines sont bonnes même, mais ce qui manque, c’est une unité, quelque chose qui fasse que chaque nouvelle scène renforce une idée émise par la dernière, qu’il y ait, enfin, une vue d’ensemble. Quand tout se dénoue, on ne sait pas si on doit rire, peut-être pas, mais certainement on se dit « tout ça pour ça. »

Dans The Road , John Hillcoat s’employait à faire ressortir le plus d’humanité possible dans un monde où il n’y en aurait plus, ici, c’est tout l’inverse, Michôd déploie son énergie à faire en sorte que tout soit à l’harmonie des cailloux et des cactus. C’est dommage. Parce que le film démarre bien, qu’il a une formidable bande-son, qu’il a de très bonnes idées. On le suit, on commence à se prendre à son rythme mais, plus il avance, plus il se vide. On voudrait bien irriguer un peu cette aridité de quelques émotions.

Titre : The Rover

Réalisation : David Michôd

Interprétation : Guy Pearce, Robert Pattinson

Date de sortie : 04/06/2014

Distribution : Metropolitan FilmExport

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