Pourquoi est-ce un chef-d’oeuvre : 50 longs-métrages d’animation expliqués

« L’animation est un sujet passionnant. Passionnant, car il n’y a pas de sujet plus populaire auprès des familles et aussi méconnu que celui-là » . Dès les premières lignes de la préface signé par Yvan West Laurence, fondateur du magazine Animeland, le décor est dressé : dans ce nouvel ouvrage de vulgarisation de la culture de la collection « Pourquoi est-ce un chef-d’oeuvre », le journaliste Gersende Bollut souhaite rendre au cinéma d’animation ses lettres de noblesse.

Pour cela, il effectue un retour illustré et chronologique des 50 longs-métrages d’animation qui ont marqué le genre – sans exhaustivité ni classement type top 50, mais avec une subjectivité assumée. Une démarche qui vise à déboulonner un certain nombre de clichés, ce qui intéressera particulièrement les néophytes. Les autres resteront un peu sur leur faim : seules deux pages sont consacrées à chaque film, un peu mince pour poser chaque contexte et enjeux.

 » Genre cinématographique marginalisé, et néanmoins cinéma à part entière de par la richesse des thématiques abordées, voire des angles d’approche d’un même sujet, l’animation souffre d’une trop grande méconnaissance de la part du grand public, souvent prompt à la réserver aux enfants et à n’y accorder qu’un intérêt poli » , explique Gersende Pollut. En effet, le cliché le plus tenace sur le cinéma d’animation a été que sa cible se restreindrait aux enfants. Ce qui n’est pas forcément le cas à l’origine : le livre commence par le plus ancien long-métrage d’animation, Les Aventures du Prince Ahmed réalisé par la cinéaste allemande Lotte Reiniger. Ce film au raffinement exquis est rattaché au cinéma expressionniste allemand qui, par sa débauche étourdissante de décors et êtres chimériques, s’adressait autant aux enfants qu’aux adultes. Mais vient ensuite rapidement Disney, qui semble figer le cinéma d’animation dans un jeune public. Hors, les classiques Disney ne sont que la « partie immergée de l’iceberg » : de nombreux films d’animation s’adressent aux plus âgés… notamment Fritz le chat interdit aux moins de 18 ans !

Autre cliché que l’auteur met un point d’honneur à démonter : « dessin animé » et « film d’animation » ne sont pas deux expressions synonymes. « Trop souvent, le public regroupe tout type de production animée sous l’appellation « dessin animée ». Erreur d’appréciation et assimilation abusive, car l’expression désigne en réalité les seules productions en animation traditionnelle, avec dessins exécutés à la main » . Comme il en existe donc de moins en moins avec le développement des images de synthèse. L’animation a cela de magique qu’elle permet de travailler avec une infinité de techniques différentes. Et Gersende met un point d’honneur a toutes les expliquer et à choisir dans la cinquantaine de films sélectionnés des prototypes de chaque technique. Une manière parfois de justifier la présence de tel ou tel film, ou l’absence d’autre. Même si l’on peut toujours titiller les choix effectués et regretter par exemple les absences de la Valse de Bachir ou Shrek … Mais espérer qu’ils ont peut-être été gardés sous le coude pour un deuxième opus ?

Pourquoi est-ce un chef-d’oeuvre ? : 50 longs-métrages d’animation expliqués met donc à l’honneur toute la richesse du cinéma d’animation. Car, prenons pour exemple le premier long-métrage d’animation de Disney, qualifié de « folie » à l’époque : Blanche-Neige , sorti en 1937. On se souvient facilement d’une chanson que l’on fredonne volontiers. On peut citer le studio qui l’a produit. Jusque là facile. Mais si l’on se pose la question de : qui a réalisé le film ? Quelle technique a été utilisée ? Qu’est-ce qui change par rapport aux techniques actuelles ? Là, les réponses sont souvent plus obscures. Ce livre permet de répondre à toutes ces questions et bien plus. L’avantage du format court, s’il frustre parfois tant on aurait envie d’en savoir plus, c’est qu’il permet en revanche une écriture directe et claire.

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