Mandela : un long chemin vers la liberté en DVD

«  Mandela : Un long chemin vers la liberté  » est directement adapté des mémoires du leader sud-africain. Soit plus de soixante-dix années de combat et de ferveur pour libérer son pays de l’oppression coloniale. C’est Anant Singh, un producteur lui aussi sud-africain qui a obtenu les droits de l’autobiographie de Mandela pour faire de cette reconstitution le film « officiel ». Il en a confié la réalisation à l’Anglais Justin Chadwick, réalisateur notamment du film historique « Deux soeurs pour un roi » (2008).

Le film démarre sur la jeunesse de Nelson Mandela. Il n’est alors qu’un adolescent qui s’apprête à passer un rite initiatique pour devenir un homme. Le visage recouvert d’une peinture blanche, il se plonge dans l’eau et réapparaît purifié, sa peau noire ruisselante. Cette première scène semblait alors promettre une magnifique épopée mais c’est finalement une histoire trop lisse qui nous est présentée.

On sent que Chadwick fait tout son possible pour arrondir le plus les angles : le film s’axe surtout sur les grandes marches, les slogans repris par les foules, les chansons. La violence de l’apartheid est renvoyée à la périphérie. Elle semble être toujours un dérapage, quand elle était, en fait, institutionnelle. Impossible de ne pas montrer des événements majeurs comme le massacre de Sharpeville mais Chadwick n’insiste pas. Quant à Mandela il semble passer son temps à s’excuser de son engagement. Le film ne dénonce pas l’apartheid, il célèbre les idéaux de Mandela. Attitude bien plus consensuelle; Chadwick ne cherche pas à raviver les blessures. Mais était-il possible, d’un autre côté, qu’il en soit autrement s’agissant du film officiel ?

Polémique en Afrique du Sud : Le film a malgré tout fait polémique en Afrique du Sud, en partie parce que Nelson Mandela n’est pas joué par un acteur sud-africain, faute de vedettes internationales dans le cinéma local. Le Brittannique Idris Elba, d’origine sierra-léonaise et ghanéenne, connu notamment pour sa prestation dans la série The Wire tente tant bien que mal de donner à son rôle une grandeur et une aura. Mais malgré une performance honnête et appliquée, le destin de l’homme qu’il interprète semble trop lourd pour lui.
D’autre part, le côté fiction du film avec une musique insistante en fond sonore en a agacé certains comme Naledi Pandor, la ministre de l’Intérieur, qui n’a pas caché ses impressions mitigées au sujet du film, qui « mélange histoire et divertissement ».

« Le débat est très vif, très émotionnel en Afrique du Sud , a souligné dans une interview à RFI Lindiwe Matshikiza qui incarne à l’écran la fille cadette de Mandela. Une seule critique a rappelé que le film suit une trame classique, axée sur quelques personnages. Si vous êtes curieux de l’histoire de notre pays, c’est une belle introduction. Mais s’en contenter comme seul document historique, ce n’est sans doute pas se rendre un grand service… ».

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