Malavita : le dernier film de Luc Besson en DVD

Si Malavita a fait un score médiocre au box office français, il est le plus gros succès français de l’année à l’étranger avec près de 8 millions d’entrées dans le monde. Adapté du roman de Tonino Benacquista, Luc Besson renforce avec ce film son passage à des réalisations de plus en plus tournées vers la comédie… Mais est-ce vraiment que de la comédie ? Avec Robert de Niro, Michelle Pfeiffer et Tommy Lee Jones au casting, le film se teinte d’action à la Scorsese.

Fred Blake, alias Giovanni Manzoni, repenti de la mafia new-yorkaise sous protection du FBI, s’installe avec sa famille dans un petit village de Normandie. Malgré d’incontestables efforts d’intégration, les bonnes vieilles habitudes vont vite reprendre le dessus quand il s’agit de régler les petits soucis du quotidien… Un film qui allie l’amour du cinéma de genre américain et l’identité culturelle française . Mais pas toujours avec finesse : clichés sur la Normandie et manque de crédibilité du scénario rendent le film trop caricatural. Et finalement bien creux.

Dans un article consacré au Cinquième élément , les Cahiers du cinéma définissaient le cinéma de Besson comme un cinéma du gimmick . La patte de Besson est visible en effet à travers la construction de l’histoire , moins fondée sur une vision cohérente d’un thème que sur l’articulation de répliques marquantes, de situations indépendantes les unes des autres qui scandent ses films.
Malavita ne fait pas exception à la règle. Mais si dans Subway ou plus récemment Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec cette articulation était subtile et empreinte de poésie, elle devient grossière dans Malavita .

Mais aussi à travers des portraits et des situations archi-caricaturales , qui échappent à toute crédibilité. Dans ce village reculé de Normandie, on ne mange bien sûr que des plats crémeux et du camembert. Impossible de trouver du beurre de cacahouètes. Mais par contre tout le monde est bilingue. L’humour décalé, patte de Besson, est ici uniquement basé sur le choc entre les deux cultures qu’il connait bien.

L’image de la femme dans les films de Besson a toujours une place particulière. Avec une figure qu’il apprécie : celle de la fille armée qui se défend seule . Isabelle Adjani avec son Magnum dans Subway , Nathalie Portman qui s’exerce au maniement du pistolet dans Léon , Anne Parillaud en junkie-agent secret dans Nikita , …
Il en est de même dans Malavita : Michelle Pfeiffer est une mère portée sur le maniement des explosifs, alors que la jeune fille interprétée par Dianna Agron prend n’importe quoi pour taper n’importe qui. L’actrice, connue jusqu’à présent pour son rôle dans la série Glee , confie d’ailleurs que sa scène préférée est celle durant laquelle elle frappe des garçons prêts à abuser d’elle à coups de raquette de tennis .

Robert de Niro, lui, ne semble pas vraiment prendre du plaisir à tourner ce film, tant ce type de rôle de gangster lui colle à la peau depuis le début de sa carrière. Il en a fait le tour. Le film lui offre même une mise en abyme ennuyeuse où il se retrouve à regarder sur grand écran… Les Affranchis , de Scorsese.

Finalement, Malavita est un grand fourre-tout créé pour ratisser le public le plus large possible grâce à son casting 3 étoiles. Des mafieux pour le papa, de l’humour pour la maman, de la juvénilité perverse pour le fils et de la romance d’adolescente pour la fille.
Certes, on ne passe pas un mauvais moment en voyant le film. Mais Malavita ne marquera pas les esprits.

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