Non-Stop

Au cours d’un vol régulier, le   federal air marshal   chargé de garantir la sécurité des voyageurs reçoit un message. Celui-ci lui indique que si sous 20 minutes, la compagnie aérienne ne lui verse pas 150 000 000 de dollars, un passager mourra. Et ainsi de suite, à chaque fois que l’échéance des 20 minutes est passée…

Comment un homme peut en tuer un autre dans un espace clos comme celui d’un avion, comment peut-il échapper à la vigilance d’un agent de sécurité, c’est tout le sel de l’histoire. On est intrigué, c’est parti. Seul le dispositif moteur de l’histoire intéresse les scénaristes, qui emploient toute leur ingéniosité à faire que sans cesse, ça étonne, que les situations se compliquent, et que, finalement, le spectateur soit toujours curieux de la suite. Quand, enfin, tout se dénoue et que la motivation des terroristes se fait jour, la pauvreté de celle-ci montre bien qu’elle n’est qu’un prétexte. Peu importe. Il fallait trouver quelque chose mais, on le comprend bien, l’intérêt est ailleurs. L’influx d’action finale permet d’ailleurs de ne pas trop fixer son attention sur cette problématique.

Du reste, le véritable mérite du plan des méchants ne réside ni dans sa conception, ni dans sa précision d’horlogerie, mais dans l’improbabilité de sa réussite. C’est de fonctionner malgré sa complication, ses faiblesses, c’est parce qu’il n’a statistiquement aucune chance de se dérouler comme prévu mais qu’il y parvient quand même , qu’il paraît redoutablement bien pensé. On croit à l’intelligence du stratagème des méchants un peu comme on croirait au pouvoir d’un voyant dont les prédictions viendraient à se réaliser. Pour les scénaristes, plutôt qu’imaginer un plan parfaitement rodé qui ne peut pas échouer, autant se laisser la liberté d’en imaginer un totalement irrationnel, avec tous les avantages de rebondissements que ça suppose; ce qui importe, en fin de compte, c’est qu’il se déroule sans anicroches; l’apparence du talent viendra se substituer à la fantaisie de la conception. Le « coup de maître » n’est pas d’exécuter l’imparable, mais de réaliser l’impossible.

Cela dit, à ce jeu-là, les scénaristes de ce film font preuve d’une réelle inventivité qu’il faut leur reconnaître. Pour corser le tout, à la menace d’assassinats, s’accroît inexorablement autour du personnage interprété par Liam Neeson, la suspicion qu’il est le responsable du détournement de l’avion. Intrigues, rebondissements se superposent jusqu’à un dénouement un peu faiblard mais qui, nous le disions, est somme toute assez accessoire.

Un thriller, made in Joel Silver , plutôt bien fichu.

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