Small Stories de David Lynch

A l’occasion de la ressortie du film culte de David Lynch, Blue Velvet, nous vous invitons à découvrir l’exposition de photographies concoctée par le maître himself pour la Maison Européenne de la Photographie à Paris.

Comme toujours à la MEP, une présentation sobre et minimaliste pour une exposition qui mériterait d’être un peu mieux mise en valeur, surtout au niveau des éclairages. Des tirages noirs et blancs avec des photomontages qui ressassent les obsessions -bien connues des cinéphiles- de David Lynch.

Comment, en effet, ne pas voir des similitudes entre plusieurs de ses personnages filmiques et ces figures anthropomorphiques étranges et difformes qui hantent ses photographies, en premier plan, ou à la lisière du cadre ? Le portrait grimaçant du Man Laughing rappelle Elefant Man , quant la Woman with Gun, elle semble sortie de l’épisode d’X-Files qui mettait en scène un immense ver de terre psychopathe, le Flukeman… Les femmes chez le réalisateur sont souvent mortifères ou dangereuses, ce qui explique peut-être aussi pourquoi Blue Velvet , qui correspond à une véritable rencontre amoureuse entre Lynch et Isabella Rossellini, voyait cette dernière, victime de violences perverses à l’écran.

David Lynch procède par séries : plusieurs clichés représentent des têtes, d’autres des intérieurs et des fenêtres, envahies par des plantes menaçantes… La nature chez David Lynch est souvent le reflet des angoisses des individus qui s’y retrouvent isolés. L’homme y est ratatiné, le réalisateur jouant avec les effets de perspective et les échelles. Il manque une certaine contextualisation aux œuvres de David Lynch. A part les titres, rien ne nous est dit : ni sur le mode de fabrication ni sur le processus créatif… Dommage, la suite de photographies, certaines complètement farfelues, demeura complètement absconse aux visiteurs qui ignorent ou méconnaissent le travail de Lynch comme plasticien ou dessinateur de cartoon. On aurait ainsi pu faire dialoguer certaines planches du Angriest dog in the world avec les clichés ici présentés.

Heureusement pour les angoissés, il reste quelques photographies un peu plus apaisées, la mystérieuse suite de bougies qui se détache devant la plage, « Hello my name is… » avec son tracteur, référence -directe ou inconsciente ?- au héros fermier d’ Une Histoire Vraie (réalisé en 1999) ainsi que certaines « Heads » qui évoquent par leur composition géométrique poétique des Man Ray

Lynch écrit en introduction de l’exposition : « Les images fixes peuvent raconter des histoires. La plupart du temps, les images fixes racontent de petites histoires. Et il arrive parfois que les histoires intéressantes soient de petites histoires. Les petites histoires se déroulent sur une période très courte. Cependant, la pensée et les émotions peuvent être impliquées quand on regarde une image fixe, et les petites histoires peuvent se développer jusqu’à devenir de grandes histoires. Tout ça dépend, bien sûr, du spectateur. Il est quasiment impossible de ne pas voir une sorte d’histoire émerger d’une image fixe. Et ça, je trouve que c’est un phénomène magnifique. » A chacun de se raconter sa propre histoire devant les photographies de David Lynch.

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