Brasserie Romantiek, sortie le 12 février

Brasserie Romantiek, comédie flamande douce-amère, déboule sur nos écrans le 12 février, à quelques jours de la fête des amoureux. L’action de ce film belge se déroule justement le soir de la Saint-Valentin, dans un restaurant primé au Gault et Millau où plusieurs couples au bord de la crise de nerf s’entredéchirent… Un marivaudage plaisant qui se distingue des traditionnels films romantiques avec happy-end à la clef.

Brasserie Romantiek est le premier long-métrage du réalisateur Joël Vanhoebrouck dont on avait apprécié le court métrage Joséphine avec Yolande Moreau et Bouli Lanners . On retrouve de nombreuses similitudes entre les deux films. Joël aime mettre en scène des récits et des personnages dans des espaces fermés qui sont aussi des lieux de transit, favorisant les rencontres. Dans Joséphine, la cage d’escalier et l’ascenseur d’un immeuble bruxellois servaient de décor à plusieurs tranches de vie. Dans Brasserie Romantiek, vous l’aurez compris, les différents protagonistes s’aiment, se déchirent, se retrouvent ou finissent par se quitter dans un restaurant. Pourquoi avoir situé son action à la Saint-Valentin ? un peu peut-être par moquerie pour cette fête commerciale qui génère pourtant pas mal d’attentes et de frustrations. Les couples -jeunes ou vieux- mis en scène par Vanhoebrouck sont tellement rongés par les ressentiments ou la peur d’échouer qu’ils sont incapables de s’échanger des marques de tendresse. Hasard ou pas, les seuls véritables amoureux qui se montrent affectueux évoluent en arrière-plan des intrigues principales, simples figurants sans véritables dialogues…

L’action est resserrée autour de quatre duos : un beauf dans l’industrie automobile flanqué d’une épouse frustrée, un obsessionnel-compulsif ultra timide qui attend une bombe rencontrée sur Internet, la propriétaire du restaurant, Pascaline et son ancien soupirant qui déboule à la Brasserie 23 ans après leur rupture, une suicidaire et un serveur empathique. L’humour féroce des dialogues illustre les objectifs de rentabilité et de performance à l’œuvre dans le couple contemporain. Frank, devenu diplomate à Buenos Aires, réapparaît dans la vie de Pascaline en lui posant un ultimatum : elle a quelques heures pour plaquer le restaurant de sa vie et le suivre à l’autre bout du monde après 23 ans de silence. La gérante sort sa minuterie de cuisine et lui laisse trois minutes pour la convaincre.

Quant à Mia, incapable de surmonter sa rupture, elle prévoit de se suicider avec des cœurs en chocolat fourrés de médicaments, en direct, dans le restaurant, histoire de plomber l’ambiance à tout le monde. Joël Vanhoebrouck compose un tableau bien noir de cette clientèle plutôt chic; le décalage entre le raffinement du lieu et la mesquinerie des personnages donne un ton mordant à cette comédie à la photographie bien maîtrisée.

Le charme du film provient aussi de son découpage : le récit est rythmé par l’évolution du menu dans un crescendo de larmes et d’esclandres, culminant avec le dessert où les belgophiles reconnaîtront le fameux cuberdon aux arômes framboisés… Le réalisateur a fait appel à de véritables chefs pour insuffler un peu de réalisme aux scènes en cuisine… A l’opposé des sirupeux Le Chocolat de Lasse Hallström (avec Juliette Binoche et Johnny Deep) ou Le Goût de la Vie (avec Catherine Zeta Jones), Brasserie Romantiek surprend par son réalisme et parvient à faire rire.

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