La désolation de Smaug

On l’avait écrit (voir la critique de Pierre Fonsagrive pour Le Hobbit), Peter Jackson rencontre quelques difficultés pour adapter les aventures du Hobbit, ouvrage que  J.R.R. Tolkien avait rédigé de manière intermittente pour amuser les enfants de sa famille. Fort de son succès avec la trilogie du Seigneur des Anneaux, le réalisateur néo-zélandais nous livre un nouveau film truffé de combats épiques, de courses poursuites plus ou moins réussies, et creuse un peu plus l’inscription du cycle dans l’univers du Seigneur des Anneaux. Sans être véritablement destiné aux enfants, La désolation de Smaug, s’attache néanmoins à décrire avec plus de détails la Terre du Milieu que le premier opus, ce qui plaira aux lecteurs de l’œuvre originelle.

Les critiques que l’on peut faire à la désolation de Smaug: la longueur du film, 2h40, c’est beaucoup trop. Des scènes qui ne servent à rien, une action que l’on aimerait resserrée sur certains personnages… Difficile d’adapter Le Hobbit car bien que le texte de départ soit relativement court, il porte en gestation de nombreux personnages que l’on retrouvera dans le Seigneur des Anneaux… Et dans chacune des éditions successives du Hobbit, Tolkien a rajouté de son vivant des personnages qui étaient traités dans le Seigneur des Anneaux (paru après la première édition du Hobbit)… Les films du cycle Hobbit de Peter Jackson constituant une prequel du Seigneur des Anneaux, pas étonnant que le réalisateur s’attarde aussi sur chacun des personnages, que ce soit Elrond, Bard l’Archer ou Legolas (Orlando Bloom)… On regrettera aussi les séquences finales entre le Bilbo et le dragon, trop dialoguées. On aurait pu se contenter de la bataille entre Thorin et Smaug. L’animation numérique du dragon n’est pas non plus si belle que ça.

Les points positifs, ils sont heureusement très nombreux. Les scènes d’action sont très réussies, on gardera en mémoire, la course poursuite dans les rapides avec les Nains dans les tonneaux… Jackson livre aussi une adaptation assez fidèle du récit de Tolkien et garde l’essentiel des épisodes importants: la capture par les Araignées Géantes, la caverne des Gobelins et la rencontre avec l’archer Bard (Luke Evans), héritier du Royaume de Dale, dans la ville de Bourg du Lac…

Peter Jackson est parfaitement à l’aise quand il s’agit de retranscrire le souffle épique qui traverse les univers de Tolkien. Il réussit aussi à mettre en images l’onirisme et la magie des différents lieux visités par la compagnie des Nains, le mage Gandalf et Bilbo. La séquence où Bilbo aperçoit la Montagne Solitaire de la cime d’un arbre où il est entouré de papillons en est un parfait exemple.

Par contre, c’est dans l’interaction des personnages et surtout dans la peinture des sentiments qu’il pêche. Les dialogues sonnent plusieurs fois creux, la rivalité entre Legolas et le nain Kili pour l’amour de l’elfe sylvaine Tauriel (personnage inventé par Jackson pour féminiser son cast d’acteurs) est un peu artificielle tout comme le mépris affiché par Thorin pour Bilbo…

Peut-être parce que les personnages d’origine ont été construits par Tolkien avec des caractéristiques types et pas comme le sont des personnages de cinéma plus fouillés: Bilbo, c’est l’innocence de l’enfant (dans le livre, les Hobbits sont appelés demi-hommes), Gandalf, la roublardise et la sagesse que confère l’expérience, les Nains, le sens de l’honneur et le travail etc… On peut aussi voir dans cette artificialité la conséquence d’un mauvais choix d’acteurs… Avec un simple regard, Ian McKellen exprime toute la malice de Gandalf… on ne peut pas en dire autant des autres interprètes qui peinent à donner de la consistance à leur jeu…

Au final, un film distrayant -entrecoupé de séquences qui sembleront un peu longues ou inutiles, en attendant la suite programmée pour Noël 2014…

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