Il était temps

Avis aux amateurs de love story et autres romances à l’eau de rose, le nouveau film du réalisateur britannique Richard Curtis  Il était temps   est susceptible de vous émouvoir. Malheureusement, si cette comédie sentimentale fait sourire elle est loin de faire rire aux éclats. La déception sera grande si en effet vous vous attendez à voir le digne successeur de l’hilarant  4 mariages et un enterrement  ou encore du cultissime  Love actually .

Love et autre sérénade : L’histoire est simple : Tim (Domhnall Gleeson), stéréotype du gentil boyfriend anglais (rouquin, tâches de rousseur et regard de chien battu), est à la recherche de la femme de sa vie mais comment dire… trouver l’amour et le garder n’est pas chose aisée quand on est un jeune homme maladroit et malhabile. Il y avait bien eu Charlotte, la copine de sa sœur venue passer deux mois en vacances dans leur maison mais la sublime créature n’a pas vraiment succombé au charme de l’ado prépubère. C’est alors que le jour de ses 21 ans, Tim toujours célibataire, apprend par son père (Bill Nighy) qu’il peut remonter dans le temps. Bien évidemment, l’idée de rencontrer la reine Victoria ou d’assister à un concert des Beatles ne lui effleure même pas l’esprit, ce don il décide de l’utiliser pour trouver l’âme sœur.


Un thé qui sent bon la mièvrerie :
Vouloir à tout prix remonter le temps et changer le cours des choses c’est bien mais il faut savoir dès le premier jour profiter de chaque instant que nous offre la vie semble nous dire Richard Curtis. Nous ne pouvons rien contre l’inévitable : Tim pense qu’il peut tout arranger mais la magie s’arrête quand il est déjà trop tard. À trop vouloir revivre le passé on en oublie le présent.
Sonnant presque comme une ode à l’amour de son prochain et de l’amour en général, le réalisateur abuse des bons sentiments et des leçons philosophiques. La famille c’est sacrée, les amis c’est importants, trouver la femme de sa vie est une des plus grandes aventures humaines, … soit. Tout cela, il l’avait déjà bien exprimé dans ses derniers films mais dans ceux-là au moins, on ne s’ennuyait pas. Dans Il était temps , le temps justement coule trop lentement et on finit par se lasser. Tim est un personnage attachant tout comme sa gentille petite femme Mary (Rachelle McAdams) mais le spectateur en mal d’humour attend d’eux plus qu’une simple histoire de famille. Les années passent, les personnages évoluent (un peu), les bonheurs comme les malheurs dessinent sur leur visage les marques de leurs sentiments mais qu’est-ce qu’on s’embête. Richard Curtis ne nous avait pas habitué à tant d’insipidité et de somnolence, c’est fort regrettable.

Où est passé Hugh Grant ? : Difficile de critiquer celui qui est à l’origine de 4 mariages et un enterrement , Coup de foudre à Nothing Hill et Love actually  ; pourtant, il faut l’avouer, Il était temps n’est pas à la hauteur de ces incontournables comédies so british et ne peut évidemment prétendre à devenir LA romance de Noël. Pourquoi ? D’abord, parce que même si Bill Nighy assure dans le rôle du papa chic et rock’n’roll et que Domhnall Gleeson est à croquer, aucun des deux ne peut rivaliser avec Sir Hugh Grant. On aurait aimé une apparition de l’éternel célibataire mais non… On aurait également pu espérer des scènes comiques dignes des meilleures réalisées par le cinéaste comme celle où Hugh en Premier ministre « incredible » dans Love actually entame une petite danse très sexy faisant presque de l’ombre à Patrick Swayze ou encore dans Coup de foudre à Nothing Hil l où au cinéma, aux côtés de Julia Roberts, il enfile des lunettes de plongée pour regarder le film. En ce qui concerne Il était temps , RAS…

« Salut, moi c’est Scarlett. Comme Scarlett O’Hara mais en moins fouteuse de merde » ( 4 mariages et un enterrement ) ; « J’ai connu un soir une fille du nom de Pandore… mais j’ai jamais eu le droit de voir sa boîte » ( Coup de foudre à Nothing Hill ) ; « Un message de votre oncle Billy, les enfants. N’achetez jamais de drogue… Quand vous deviendrez rock-star on vous la refilera gratuit ! » ( Love actually ) ; les films de Richard Curtis sont plein de répliques cultes, dans Il était temps on a beau chercher, aucune ne sont dignes de marquer les esprits. La prochaine fois Mr Curtis, pensez à mettre plus d’humour dans votre thé et peut-être moins d’amour. Et touillez bien cette fois-ci, please !

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