Weekend of a champion

Dans  Weekend of a champion , Roman Polanski enlève sa casquette de réalisateur pour celle de fan de Formule 1. On est en 1971, et celui qui vient de réaliser deux ans auparavant le traumatisant Rosemary’s Baby   a décidé pendant trois jours de suivre son ami et nouveau héros, le champion du monde de Formule 1 Jackie Stewart. Préparations physiques pour le Grand Prix de Monaco, discussions avec son équipe de mécaniciens, introspection et moments de doute, muni de sa caméra Frank Simon plonge dans l’intimité de ce pilote alors au sommet de sa gloire. Quarante ans plus tard revoilà nos deux amis (les rides en plus) dans la même suite d’hôtel – vue imprenable sur le port de Monaco où les yachts sont désormais plus nombreux et toujours plus gros, ils reparlent avec humour et émotion de ce sport qui n’a pas cessé de se renouveler avec les années.

Polanski/Stewart : un duo inattendu : Qui l’eut cru ? Roman Polanski fan de Formule 1 et groupie de l’ancien champion du monde Jackie Stewart. Pendant trois jours, caméra à l’épaule Frank Simon a plongé sans fausse pudeur dans l’intimité de cet athlète surdoué. Ami de longues dates avec Polanski, Jackie se confie plus facilement à son interlocuteur, il n’a même pas l’air de se préoccuper de ce regard extérieur qui l’observe – sauf quand il confie quelques uns de ses petits secrets à son mécanicien ou à son poulain François Cevert. Il nous entraîne avec lui parcourir le circuit sur lequel il va concourir pour le Grand Prix de Monaco – embarqué dans son bolide, à plus de 200km/h, dévalant les pentes sinueuses du Rocher monégasque, on se laisse alors aller avec frénésie dans une course contre la montre bien réelle qui n’a rien à envier aux blockbusters américains style Fast and Furious .

La face cachée de la Formule 1 : Pendant une heure, nous sommes plongés aux côtés de Jackie et Roman dans ces années 1970 où la Formule 1 était l’un des sports les plus populaires mais surtout l’un des plus dangereux. Puis, on revient en 2011, les deux amis sont de retour à Monaco pour se rappeler de cette époque un peu délurée – pantalons pattes d’eph’, cheveux longs et pattes à la Elvis Presley, face à leur ancien look, les deux compères ne peuvent s’empêcher de rire – mais aussi tragique. Sur le circuit, les conditions de sécurité laissaient encore à désirer et beaucoup de pilotes y ont perdu la vie (dans les années 1970, on recense dix morts). Jackie Stewart qui a vu disparaître sous les débris de ferrailles et la fumée nauséabonde bon nombre de ses amis s’est alors battu pour plus d’équipements et de protections afin que les accidents mortels soient évités. De nos jours, les décès sont extrêmement rares, et le dernier remonte maintenant à 1994.

Une histoire d’amour à 100 à l’heure : Abusant parfois des longs monologues, Jackie Stewart raconte avec passion l’amour pour ce sport de vitesse qu’il a découvert très jeune. Dans une effusion de sentiments, il en vient même à comparer sa voiture de course à une femme avec laquelle il ne ferait plus qu’un. Aberrant ? Extrême ? Cette quête de la communion parfaite entre l’homme et la machine l’a mené sur la plus haute marche du podium. Ce qui est donc intéressant d’observer dans Weekend of a champion c’est cette relation si particulière entre le pilote et ce que l’on pourrait décrire comme une extension de lui-même. Pas besoin d’être calé en Formule 1, le film de Frank Simon s’attarde plus particulièrement sur la préparation mentale de l’ancien champion du monde. Stresse, montée d’adrénaline, dernières vérifications, on espère avec lui que tout sera prêt pour le jour J car finalement personne même le plus expérimenté des pilotes n’est à l’abri d’un accident.

Réalisation : Frank Simon

Protagonistes : Jackie Stewart, Roman Polanski

Date de sortie : 18 décembre 2013

Distribution : Pathé distribution

Crédit photos : Pathé

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