9 Mois Ferme

Ariane, juge d’instruction psychorigide, résolue, que dis-je,  déterminée , au célibat et à l’abstinence sexuelle, découvre qu’elle a fait un déni de grossesse. De qui est-elle enceinte, elle ne le sait pas. Serait-ce de De Bernard, ce juge mielleux, qui cherche désespérément à se faire passer pour un boute-en-train pour la séduire, elle espère bien que non, craint bien que si. La seule chose qu’elle sache c’est le jour fatidique : la fête du réveillon organisée par le barreau de Paris au cours de laquelle, sous l’impulsion de ses collègues et confrères, elle a bu plus que de raison. Mais, en fait, pire que De Bernard, c’est d’un criminel supposé, rencontré au hasard de la nuit, Bob Nolan, surnommé « le globophage », qu’elle doit son enfant.

Albert Dupontel, fidèle à lui-même, continue sa tranchée dans la comédie carnassière, le cartoon féroce. Ce film-ci est sans doute un de ses meilleurs.

Selon un vieux principe de la comédie, c’est sur l’association de 2 personnes que tout oppose que le film se construit. Ils se doivent l’un à l’autre à la faveur de circonstances incongrues. Elle l’aide à se disculper de la présomption de cannibalisme oculaire à l’origine du surnom que les médias lui ont donné – qu’il doit à ce que l’une de ses victimes – de cambriolage – a été retrouvée découpée et énucléé – il l’aide à … à rien en fait, à se livrer à son observation, inconscient d’être le père de son enfant – il ne reconnaît pas Kiberlain en la revoyant.

Dupontel joue, comme souvent, un marginal. C’est à la fois son rôle, son personnage, à la fois la position qu’il sent être la sienne dans l’industrie cinématographique française. On lui devine une méfiance des institutions qui le conduit à penser que toute personne « bien intégrée » est forcément suspecte. Là où il y a de la respectabilité, du crédit, il y a eu compromis et arrangements.

Enfin, peu importe. Le film avec ses méprises multiples, ses situations improbables, son humour gore fonctionne à plein régime. Qu’on pense à Nolan reconstituer à travers autant de scénarios absurdes les circonstances qui auraient pu amener à ce que sa victime se soit infligée toute seule les mutilations, par accident ou sévices volontaires, dont on lui fait porter la responsabilité, ou Kiberlain, à chaque nouvelle scène plus dépitée que la précédente, s’offrir de vanner frontalement le père de son fils, lequel, idiot bienheureux, n’imagine pas que c’est de lui dont on parle, et j’en passe.

On rit noir, on s’amuse du malheur incessant des uns et des autres, mais Dupontel laisse malgré tout son histoire – absurde vue de loin mais qui dit plus qu’il n’y paraît – ses personnages, prendre le dessus sur la pure déconnade. Sans fausses notes ; un Dupontel en forme.

Titre : 9 Mois Ferme

Réalisation : Albert Dupontel

Interprétation : Sandrine Kiberlain, Albert Dupontel

Date de sortie : 16/10/2013

Distribution : Wild Bunch

Crédit Photos : Wild Bunch

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