Obsession

 Cet article révèle des éléments-clés de l’intrigue. 

Michael Courtland, un riche promoteur immobilier, voit sa femme et sa fille kidnappées et rançonnées. Plutôt que céder au chantage, il contacte la police. Elle parvient à retrouver les ravisseurs mais ceux-ci s’échappent ; dans leur fuite, ils se crashent, emportant leurs otages avec eux dans la mort. 16 ans plus tard, Courtland vit encore hanté de ce double décès. Jusqu’au jour où, par hasard, il rencontre une fille qui ressemble trait pour trait à son ex-femme.

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Ce film, le 1er succès au box-office de Brian de Palma, est un des plus marqués par l’influence d’Alfred d’Hitchcock qu’il ait tourné. Il reprend l’idée centrale de Vertigo  : une femme ressemble à s’y méprendre à une autre dont le héros a été amoureux et dont il se sent responsable de la mort. Plus encore, dans ce film comme dans Vertigo , elle se travestit pour ressembler à l’ancienne. Du reste De Palma ne se cache de rien : il demande à Bernard Hermman lui-même d’en composer le score ; celui-ci signe une partition dense, omniprésente, bizarrement fantomatique et pompière. On en est un peu étourdi mais elle contribue au caractère du film.

Paul Schrader au scénario, la thématique de la culpabilité domine le tableau, et plus précisément du désir coupable. C’est en quelque sorte l’ajout de ce film par rapport à celui d’Hitchcock, sa variante. C’est de sa propre fille que Courtland s’éprend – qui n’était pas dans la voiture accidentée – élevée hors de sa vue, dans la haine de son père. La thématique incestueuse est si marquée dans le film que les tentatives de la Columbia pour la gommer apparaissent vaines. Dans un dialogue un peu artificiel, Geneviève Bujold qui joue les 2 rôles féminins dit « je suis une bonne catholique, je fais tout ce que le pape dit » Façon de dire qu’elle n’aura pas de liaison avant le mariage – il est autrement impossible de concevoir que leur amour n’ait pas été consommé. Le mariage en question n’aura pas lieu, il apparaîtra seulement en rêve à Courtland. Rien ne se « passe » donc, mais la charge de désir est si forte que la question de savoir si, oui ou non, le couple a une liaison importe finalement assez peu. Courtland est bien amoureux de sa fille, et celle-ci, manipulée d’abord et complice d’un stratagème monstrueux, finit par le devenir et entretient l’attirance de son père envers elle.

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Si ce film tient du thriller, c’est d’une manière presque souterraine : les criminels sont dissimulés, toujours présents, certes, mais invisibles ; leur forfait se trame dans l’obscurité, ne se laisse pas deviner. L’histoire d’amour, dont le caractère morbide est donné d’emblée – un homme n’aime une femme que parce qu’elle ressemble à une autre qu’il a connue – prime.

On aura longtemps reproché à De Palma d’être un Hitchcock vulgaire – heureusement un peu moins aujourd’hui. Les films Dressed To Kill et Body Double renforceront cette critique. Ce film témoigne bien de l’ascendant du cinéaste anglo-américain sur lui autant qu’il révèle déjà, cependant, sa formidable intelligence de mise en scène.

Titre : Obsession

Réalisation : Brian de Palma

Interprétation : Cliff Robertson, Geneviève Bujold

Date de ressortie : 18/09/2013

Année de sortie originale : 1976

Distribution : Carlotta Films

Crédit Photos : Columbia Pictures France

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