Les aventures fantastiques

Ressortie d’un film d’animation de 1958, Les Aventures Fantastiques d’après l’œuvre Face au drapeau de Jules Verne. Le cinéaste tchèque Karel Zeman s’était emparé de ce roman pessimiste où l’auteur de vingt mille lieues sous les mers dénonçait la dangerosité de certains progrès techniques dans le domaine militaire…

Ce qui frappe d’abord dans Les aventures fantastiques, c’est la somme d’artefacts et de paysages verniens. Ces aventures fantastiques se déroulent sous l’eau, dans les airs… On y circule dans des sous-marins, des machines volantes. Des complots se trament, des scientifiques se dissimulent sous de fausses identités.

Les aventures d’origine, Face au drapeau, furent publiées sous la forme de feuilleton en 1896 dans la revue créée par Pierre-Jules Hetzel, le Magasin d’éducation et de récréation. Destinées à de jeunes lecteurs, elles visaient aussi un public plus large en abordant les préoccupations des français de l’époque qui s’inquiétaient du développement militaire de la Prusse après la défaite de 1870.

Karel Zeman a réalisé une adaptation très fidèle au roman, tant sur le plan narratif que visuel. En effet, s’il a conservé un découpage qui reflète la construction du roman, il s’est aussi inspiré des chromotypographies de Léon Benett qui illustraient le livre d’origine. Le noir et blanc accentue la myriade de petits détails et contribue à la beauté des images.

A la question « Pourquoi faites-vous des films ? » Karel Zeman répondait:
« Je suis à la recherche d’une terre incognita, un endroit vierge de toute influence, une planète qui n’a pas encore été conquise par un réalisateur, un monde qui existe uniquement dans des contes de fées. » Deux avant la sortie de son film, l’américain Michael Anderson adaptait déjà Le tour du monde en 80 jours. Il va sans dire que l’univers de Jules Vernes ne cessera d’inspirer les réalisateurs à la recherche de poésie et d’aventures rocambolesques.

Cette ressortie se suit sans déplaisir. Pas sûr pourtant que Les Aventures Fantastiques parviennent à séduire un jeune public ou des adolescents habitués à des films d’animation où les images se succèdent à une vitesse folle sur une musique trépidante… Mais, c’est peut-être aussi l’occasion de leur faire découvrir une autre manière de faire de l’animation. Quant aux adultes, l’iconographie leur rappellera sans doute leurs vieux imprimés. Un bémol: la copie a été si bien masterisée que le grain de l’image, extrêmement fin, pourrait laisser croire que le film vient d’être tourné. Un comble pour œuvre comme celle-ci !

written by

The author didn‘t add any Information to his profile yet.

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

/**