Plein Soleil

Tom Ripley est chargé de ramener Philip Greenleaf à San Francisco. Celui-ci est le fils d’un armateur américain fortuné et a fuit les Etats-Unis pour l’Italie où il dilapide l’argent de son père. Greenleaf est supérieur, arrogant, et méprisant envers Ripley, avec qui il joue, un instant le traitant comme son meilleur ami, l’instant d’après le renvoyant au rôle d’homme de main de son père. Ripley, humilié, est cependant fasciné par ce séducteur, richissime et volage. Il finit par projeter, plutôt que le rapatrier et toucher 5000 €, somme qui lui a été promise, de le tuer et récupérer son identité et sa fortune.

Plein Soleil est une adaptation du roman de The Talented Mr Ripley de Patricia Highsmith. – C’est une histoire qui doit sa saveur à l’ingéniosité perverse de Ripley ; constamment piégé par la construction qu’il a mise en place mais toujours capable de trouver une issue, on se plaît à le voir s’enfoncer à chaque fois un peu plus dans la criminalité et le mensonge, inexorablement, victime de ses propres stratagèmes.

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René Clément tire de cette histoire – qui inspirera à Anthony Minghella une nouvelle version avec Mat Damon dans le rôle principal – un film malin, bien emmené et comportant de réelles qualités de mise en scène : on pense, entre autre, à la séquence sur le voilier, tournée en mer à une époque où le studio était encore largement préféré.

Dans le film de Minghella, Ripley est sexuellement attiré par Greenleaf. Son meurtre, brûlant, ne réside pas d’une préméditation mais d’un accès de rage, de jalousie et de ressentiment. Il frappe Greenleaf avec une rame ( une arme improvisée et inadéquate ) alors qu’il le tue d’un coup de couteau chez Clément.

La différence tient là : Minghella s’intéresse à la psychologie de son personnage ; meurtrier malgré lui, maussade, qui rêve la vie d’un autre ; quand Clément s’intéresse surtout à l’habileté du mécanisme criminel de Ripley. De fait la version de 1960 va bien plus loin dans l’exploitation des idées de manipulation et de machiavélisme. Tom Ripley, après avoir assassiné Greenleaf, pousse le vice jusqu’à séduire sa femme qui se trouve esseulée, ignorante de la mort de son fiancé, lui écrivant de fausses lettres de rupture et la réconfortant ensuite. Mais le film est aussi plus léger : Clément, s’il met le spectateur du point de vue de Ripley – comme Hitchcock pour son Norman Bates – ne cherche pas, cependant, à susciter de la compassion pour lui ou à rationaliser sa criminalité en une maladie mentale. Il garde une distance et condamne son personnage, en toute logique, à voir son château de cartes effondré.

D’un côté le génie du diable, de l’autre la folie du misérable, à chacun sa version préférée.

Titre : Plein Soleil

Réalisation : René Clément

Interprétation : Alain Delon, Marie Laforêt, Maurice Ronet

Date de resortie : 10/07/2013

Année de sortie originale : 1960

Distribution : Carlotta Films

Crédit Photos : Carlotta Films

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