L’Attentat

Amine Jaafari est un médecin d’origine arabe qui travaille en Israël ; il n’est ni pratiquant ni croyant ; au début du film, il reçoit un prix pour ses travaux en médecine décerné par une association médicale israélienne. Il est brillant, indépendant, parfaitement intégré.

A la radio, il apprend qu’un attentat-kamikaze a fait une vingtaine de morts, dont plusieurs enfants. Il est révolté comme tout israélien devant la violence assassine, et dépassé, incrédule presque, face au geste, face à la motivation de tuer aveuglément et de se donner la mort en même temps. Qu’est-ce qui peut pousser une femme, car il s’agit d’une femme, à commettre un tel acte ? En pleine nuit, un proche d’Amine, policier, l’appelle et lui demande de se rendre à l’hôpital ; c’est pour une identification : le kamikaze, c’était sa femme.

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Amine, bien sûr, refuse d’abord de croire à la culpabilité de sa femme. Après tout, elle est un bouc émissaire tout désigné : un restaurant de Tel-Aviv, une femme arabe, la seule, un attentat ; pour le Shin Bet, l’équation est simple. Amine, ce qu’il sait, lui, c’est que sa femme était ouverte d’esprit, intelligente, n’avait aucune tendance vers le fondamentalisme, qu’elle était chrétienne même, et, par voie de fait, peu encline à se tuer au nom d’Allah. Il enquête, reconstitue le puzzle. Les preuves collectées par la police semblent accablantes mais peuvent avoir été fabriquées. Le spectateur, lui, oscille entre les 2 hypothèses. Quand Amine est convaincu de l’innocence de sa femme, il la croit coupable, quand Amine se résout à sa culpabilité, il la croit innocente.

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Amine ( interprété par Ali Suliman ) est un homme honnête, droit, lucide, qui croit savoir distinguer ce qui est bien de ce qui ne l’est pas. Son parcours, son enquête, ébranle pourtant ses certitudes – insidieusement presque, tant ça n’est pas le monde qui change que la perception qu’il en a qui s’altère. Ziad Doueiri parvient à retranscrire son évolution – qui est aussi celle du spectateur – avec brio et finesse.

Il s’agit du 3e film du réalisateur libanais Ziad Doueiri, après West Beyrouth (1998) et Lila Dit Ca (2004) il adapte, ici, un roman de Yasmina Khadra. C’est brillamment écrit, très bien mis en scène, et sans conteste, un des meilleurs films de ce début d’année.

Un film captivant.

Titre : L’Attentat

Réalisation : Ziad Doueiri

Inteprétation : Ali Suliman, Reymonde Amsellem

Date de sortie : 29/05/2013

Distribution : Wild Bunch Distribution

Crédit Photos : Wild Bunch

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