In the fabulous underground

In the Fabulous Underground, documentaire sur l’artiste Anton Perich, photographe d’Andy Warhol, du boxeur Muhammed Ali et de la faune bigarrée qui peuplait le night-club Max Kansas City dans les années 1970 à New York risque malheureusement de demeurer underground… Noyé au milieu d’une myriade de films projetés à l’occasion de l’édition 2013 de l’ECU film festival (qui s’est tenu aux 7 Parnassiens et à l’Action Christine pendant ce week-end pascal), In the Fabulous Underground mériterait une meilleure distribution, dans des festivals non estampillés « premières œuvres » ou « indie » (on fera d’ailleurs remarquer que ce n’est certainement pas le premier film de Mauro John Capece…)… Étrange destinée que celle du Max Kansas City restaurant qui est, semble-t-il, resté relativement méconnu, dans l’ombre de la Factory de Warhol…

Lorsque Anton Perich , photographe croate aujourd’hui naturalisé américain, débarque à New-York, il est bien décidé à révolutionner le milieu artistique et télévisuel qu’il trouve trop puritain. Pas étonnant qu’il trouve refuge au 213 Park Avenue South, au milieu des tables du Max’s Kansas City , ouvert par Mickey Ruskin en décembre 1965. Là-bas, Perich (qui a quitté le Paris de Godard) suit l’exemple de [ Michel Auder ->http://www.michelauder.com/], l’une de ses influences revendiquées: il photographiera et filmera le banal pour en faire sortir toute l’étrangeté… Michel Auder a épousé Viva, l’une des égéries de Warhol, Anton va rencontrer d’autres figures marquantes de la Factory…

Le documentaire In the Fabulous Underground mêle aux images et films d’archives des interviews réalisées aujourd’hui, auprès des survivants de cette époque comme Taylor Mead , qui continue de se produire au Bowery Poetry Club. C’est un véritable patchwork d’images et de sons mais qui donne au final une œuvre très cohérente. Rétrospectivement, on suit l’évolution de la réflexion artistique d’Anton Perich qui commente son travail à travers l’évocation de souvenirs personnels.

Taylor Mead.

Shooter au Max’s Kansas City, ce n’était pas juste l’opportunité d’être au cœur d’une révolution artistique et de photographier Nico , Patti Smith et Robert Mapplethorpe , Basquiat , Willem de Kooning ou John Waters… C’était aussi le moyen de réfléchir sur le lien entre photographe et photographié. Même au plus profond de la nuit, quand sous l’effet conjugué de l’alcool et des drogues, certaines stars vacillaient, Anton trouvait toujours un visage et des corps à photographier… Les habitués de Max Kansas City étaient peut-être à la recherche d’une forme de reconnaissance ultime, qu’ils croyaient toucher en se laissant capturer par le viseur photographique ou la caméra… Pour Anton, c’était surtout des jeunes à la recherche de sens même si cette quête les menait au désespoir et à l’autodestruction… Perich n’occulte pas la dimension de chasse (voire même de charognard) qui a accompagné son travail… Mais pour lui, les personnes de la Factory et de Max étaient belles car elles laissaient paraître leurs véritables émotions… tout le contraire des portraits placardés sur les murs facebook, affirme-t-il avec ironie.

Robert Mapplethorpe photographié par Anton Perich.

Si Anton se montre plusieurs fois critique à l’égard de notre époque, ce n’est pas un homme du passé. Il a continué son exploration de l’âme humaine et il assure utiliser les nouvelles technologies… En même temps, n’est-il pas l’inventeur d’une machine à peindre électrique , l’ancêtre de l’imprimante à jet d’encre et créée en 1977 ?

Témoin d’un monde révolu, Anton reste un artiste à suivre… Au-delà de l’hommage au Max’s Kansas City, In the fabulous underground est un document très intéressant sur un homme qui a su profiter de chaque époque.

« I photographed Andy for the only one reason, to capture his shyness. I photographed Candy endlessly just to capture the tranquility of her eyes. I photographed Mapplethorpe to capture l’enfant terrible. I photographed Patti Smith to capture Rimbaud or perhaps to capture the rainbow in the darkest corners of Max’s. » Anton Perish interviewé par Miss Rosen.

http://missrosen.wordpress.com/

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