The Sessions

Comédie dramatique sensible et légère, The Sessions surprend d’abord par le thème qu’elle aborde : Mark O’Brien, écrivain et poète, est paralysé depuis l’enfance. Suite à une énième déception amoureuse, il décide d’en finir avec l’amour platonique et se résout à perdre, à 38 ans, sa virginité. Il est alors mis en relation avec une “thérapeute sexuelle??? qui va le guider tout au long de son apprentissage.

Le scénario peut paraître assez risqué au premier abord ; dès le premier plan, un chat traverse la pièce, sautant silencieusement d’un meuble à l’autre avec la prompte agilité des félins. L’animal marque alors par contraste la lourde immobilité de Mark, enfermé dans une machine bourdonnante qui lui permet de respirer durant son sommeil. Mais le premier succès du film est de parvenir à traiter ce sujet tabou avec délicatesse, sans trop de pathos ni d’apitoiement.

Les scènes d’apprentissage sexuel sont filmées frontalement, somme toute assez froidement, à l’image des premières “sessions???, durant lesquelles Mark est terriblement mal à l’aise (et nous aussi). Ces scènes sont filmées avec une franchise appréciable à laquelle les comédies dramatiques américaines nous avaient peu habitués ; le film évite ainsi l’écueil du pathétique-romantique. Puis au fur et à mesure du film et des sessions, la tension diminue, les corps se décrispent, les langues se délient. La pesanteur devient poésie.
Amour physique et sentiments se mêlent, sans toutefois trop de mélodrame. Mark veut aimer “comme tout le monde??? ; il n’y parviendra jamais, mais grâce à l’aide de sa thérapeute, il trouvera sa propre manière d’aimer. Car contrairement à ce que Mark pensait, ce n’est pas l’apprentissage du corps féminin qui pose le plus de problèmes, mais celui de son propre corps, terriblement immobile, nié depuis l’enfance. Le film se sort de l’impasse qui le guettait grâce à un happy-end émouvant inévitablement requis par le genre.

The Sessions est une comédie candide et touchante, parfois un peu naïve, mais qui apporte sans aucun doute de la fraîcheur au genre de la comédie dramatique. La seule ombre au tableau, qui cependant pèse sur l’ensemble du film, reste le caractère religieux, qui passe notamment par le Père Brendan, personnage qui ponctue le film d’interventions et de considérations bibliques. Comme s’il fallait absolument trouver un obstacle moral aux « sessions » pour que le scénario fonctionne ; la réflexion et les doutes dont Mark nous fait part en voix-off étaient pourtant suffisants.

Le personnage décrédibilise quelque peu le film ; difficile à cerner (parfois il joue les bons prêtres et s’offusque d’une relation sexuelle hors-mariage, pour ensuite lui dire que « Dieu lui pardonnera bien » et ironiser sur les termes « Oh God ! » prononcés lors de l’extase sexuelle), il ne constitue pas vraiment un personnage utile à l’histoire, mais bien plutôt une légitimation religieuse pour qui s’en souciait. Cependant, en dehors de ces considérations bibliques parfois pesantes, le film sait manier humour et gravité avec une grande agilité, principalement grâce à l’acteur John Hawkes, qui, par le jeu des expressions de son visage et de ses intonations, fait de son personnage un homme attachant sachant justement doser humour et poésie.

Date de sortie : 6 mars 2013
Un film de Ben Lewin
Avec John Hawkes, Helen Hunt, William H. Macy…

written by

The author didn‘t add any Information to his profile yet.

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

/**