Antiviral

Brandon Cronenberg est bien le fils de son père. Du reste, il ne s’en cache pas. Si nous faisions mine d’ignorer le nom du réalisateur, on ne trouverait mieux à dire qu’il s’agit d’un film  cronenbergien  .

antiviral01

Dans un futur proche ou une réalité parallèle, une clinique se spécialise dans la transmission de maladies de stars. Par « maladie », on entend bien le terme au sens médical : ça va de la grippe à l’herpès, en passant par ce qu’on veut. Façon de se sentir plus proche de ses idoles.

On pense à cette lubbie de conserver des vêtements souillés ayant appartenu à des stars – Elvis Presley lançait à son public des serviettes sur lesquelles il épongeait son front ou sa nuque en sueur, de manière méthodique, durant ses derniers shows – ou à l’idée de ne pas laver sa main le plus longtemps possible parce qu’elle a été au contact de son idole. Bien sûr, c’est 10 fois pire dans le film, mais c’est ce qui fait que c’est justement un « film » : c’est une extrapolation démultipliée de certains de nos vices.

On ne s’en étonnera pas, l’ultime fantasme sera bien sûr le virus mortel, qui permettra de crever en harmonie avec son idole dans une lente et longue agonie. Culte des microbes, de l’injection intracutanée et du sang contaminé, tout ça est très, très malsain.

antiviral02

On pourrait penser que la thématique de ce film est la fascination pour les stars mais ça n’est pas tout à fait le cas. C’est bien plutôt les idées morbides d’auto-contamination qui travaillent l’auteur. Ainsi le film ne dit rien de la clinique, en tant que structure lucrative construite sur un business immonde, sur l’acceptation sociale de celle-ci et sa reconnaissance légale. Le personnage principal qui est un des employés, ne fait preuve d’aucun cynisme quand il vend ses seringues : ses virus, c’est du paradis, dont il est lui-même sous l’attraction. C’est ce qu’on reprochera surtout à Brandon Cronenberg ; son film n’a, pour ainsi dire, aucune distance avec son sujet.

On se lasse un peu à la fin de voir « le héros » incuber on ne sait quelle saloperie, lutter contre sa fièvre pour mettre la main sur une seringue et s’injecter de quoi l’aggraver ou lécher du sang infecté. Le réalisateur est obsédé par ses images mais sa dramaturgie est bien pauvre. Disons enfin que tout le film se déroule dans des intérieurs blancs, lassants, qui trahissent des lacunes budgétaires plus qu’ils ne dépeignent l’atmosphère glacée de la clinique.

On regrette que le film ne se hisse pas au-dessus des histoires type Human Centipede qui se satisfont juste de la bizarrerie de leur concept et qui tournent vite en rond.

Titre : Antiviral

Réalisation : Brandon Cronenberg

Interprétation : Caleb Landry Jones, Sarah Gadon, Malcom McDowel

Date de sortie : 13/02/2013

Distribution : Ufo Distribution

Crédit Photos : Ufo Distribution

written by

The author didn‘t add any Information to his profile yet.

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

/**