La Bande des Jotas

Une femme croise la route de 2 homos amateurs de badminton, ça arrive, et les entraîne dans une cavalcade contre la bande des jotas  , des mafieux aux prénoms en « j », supposément responsables de l’assassinat de sa sœur.

Pour son nouveau film, Marjane Satrapi, met les bouchées pas doubles du tout ; partie tourner en Espagne avec une équipe très réduite et polyvalente, elle filme une histoire improbable, sûrement un peu improvisée, armée d’une petite caméra vidéo. Tout le monde est acteur et technicien à la fois, à commencer par Satrapi elle-même qui a le 1er rôle.

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Très low budget , le film traîne ses guêtres vers le pastiche du road movie, du film de gangster, tout en restant outrancièrement au rabais donc; tout son charme tient là. Les scènes de vengeance sont à 2 balles, on ne voit pas comment le dire autrement, jouées sans conviction ou avec la passion d’amateurs qui penseraient révolutionner Scorsese et Leone.

Bien sûr tout ça est voulu. Il y a un faux-rythme continu qui fait penser à Wes Anderson ou à Quentin Dupieux ; l’histoire est énorme, hollywoodienne, elle dépasse les personnages, aussi ordinaires que possible, bien incapables de s’élever à la démesure de l’épopée vengeresse qui est le sujet du film. Le méchant lui-même, car toute la bande des Jotas est jouée par le même acteur, est un malheureux persécuté qui n’a aucune crédibilité comme gangster, qui ne fait jamais rien de mal, semble égaré et ne demande rien à personne – et certainement pas d’être jeté du 20e étage d’un hôtel comme ça arrive à un de ses avatars dans une des scènes les plus drôles et absurdes du film.

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Le film, court, étonne. On reste curieux des développements de son intrigue, ce qui lui permet, au passage, de se payer quelques scènes parfaitement dépourvus d’intérêt, qui ne sont ni drôles ni ne font avancer le schmilblick mais qui, étrangement, ne dérangent pas et amusent presque à leur façon tant elles contreviennent aux notions les plus élémentaires de structure dramatique. Une bande-son cheap à souhait, accompagne le trio dans leur aventure. Marjane Satrapi nous gratifie d’un des morceaux, un truc pop-rock proprement affreux. On ne sait plus où commence le 2nd degré. Le non-sens va jusque là.

Les dialogues font de Satrapi un personnage lunaire, faux double d’elle-même, squatteuse (de vie) aux théories bidon, dont la voix ressemble bizarrement à celle de Marina Foïs. Un sympathique film modeste, gentiment régressif et tranquillement nawak .

Titre : La Bande des Jotas

Réalisation : Marjane Satrapi

Interprétation : Marjane Satrapi, Mattias Ripa, Stéphane Roche

Date de sortie : 06/02/2013

Distribution : Urban Distribution

Crédit Photos : Urban Distribution

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