Django Unchained

Django, un esclave, est affranchi par le Dr Schultz – un chasseur de primes en fait de docteur – ( Christoph Waltz, plus cabotin que jamais ) afin qu’il l’aide à retrouver la trace de 3 anciens criminels, devenus contre-maîtres de plantations. Une chose en amenant une autre, les 2 hommes s’associent et partent à la recherche de la femme de Django ; cela les conduira sur le territoire d’un grand exploitant et amateur de « combats de mandingues», Calvin Candie.

On disait « western » pour qualifier ces épopées de la conquête de l’Ouest, de cowboys hardis et de peaux-rouges sauvages. Ce film se veut « southern » renversant les termes du conflit sur la problématique pré-sécessioniste ; Schultz dira ainsi de Django qu’il est « la gâchette la plus rapide du Sud » parodiant la célèbre formule. Il n’y a, on ne surprendra personne, nul réalisme ; c’est un Ouest ( ou un Sud, donc ) comme le fantasme Tarantino, machouillis de clichés en vracs – parfois étranges comme cette soubrette en robe courte à cerceaux, nœud papillon géant sur le front, qui ronge un épi de maïs à table – et d’attitudes cools.

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Le film déverse un torrent de racisme, à peu près inédit dans l’histoire du cinéma ; on se balance du « négro » toutes les 2 secondes. Certes, il est protégé par de solides cautions. Le héros est noir, les esclavagistes sont les méchants. Il n’empêche, on sent qu’il y a du défoulement. C’est peut-être que le racisme à proprement parler, est une thématique finalement plus subsidiaire qu’elle n’y paraît dans film.

Tarantino est en fait, on croit, bien plus intéressé par la dialectique du supérieur et de l’inférieur – à laquelle le thème de l’esclavagisme se prête magnifiquement bien – et tristement comme le déplorent certains. Quoiqu’il en soit, c’est certainement ce qui explique la liberté avec laquelle les personnages déchargent un racisme si ahurissant ; car la problématique fondamentale est de mettre en scène des dominés et des dominants, et de constamment faire jouer une rhétorique de l’humiliation et de la revanche. Il faut qu’il y ait de la provocation et de la répartie. Il s’agit de racisme, il aurait pu s’agir d’autre chose. L’esclave et le maître, le fort et le faible, voilà qui était fait pour Tarantino. Le réalisateur américain reste finalement les pieds dans ses balises.

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Cette représentation de l’esclavagisme et du racisme, détachée de ses racines historico-culturelles, mais rattachée à une affaire de virilité – à ce titre, profitons pour faire remarquer que le film est hanté par la thématique de la castration – et de cassage de gueule maison, rapproche ce film de conceptions identitaires contemporaines où être « renoi » n’indique pas tant une couleur de peau qu’une certaine identité. La cause du succès du film aux Etats-Unis est peut-être à comprendre ici. L’histoire de l’esclavagisme intéresse moins que celle d’une rébellion individuelle et d’une affirmation identitaire. Plus que la liberté, c’est la coolitude qui triomphera.

Tout ça ne veut pas dire qu’il est raté ou qu’il est totalement indécent comme on peut le lire et l’entendre ici et là, mais on se trompera à y voir autre chose qu’un chassé-croisé de flingueurs qui s’assassinent à coups de feu et à coups de vannes. Toute la question est de savoir si on trouve ces dernières à son goût ou pas.

Titre : Django Unchained

Réalisation : Quentin Tarantino

Interprétation : Jamie Foxx, Christoph Waltz, Leonardo Di Caprio

Date de sortie : 16/01/2013

Distribution : Sony Pictures

Crédit Photos : Sony Pictures

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