Django

Carlotta profite de la sortie du dernier film de Quentin Tarantino pour faire découvrir – ou redécouvrir, selon – le film original.

Django, c’est un cowboy, un vrai de vrai, sans nom  – enfin, il en a un, mais s’appeler Django c’est comme s’appeler Capitaine Crochet ou Albator – qui vient de nulle part, comme il se doit, ne va nulle part, comme il se doit non moins ; vagabond, il traîne avec lui un cercueil, dont les suppositions sur le contenu occupent l’esprit du spectateur pendant un certain temps.

Il n’a nulle part où aller, nous disions, pas exactement en fait, il faut quand même qu’il flingue un gars – parce que bon – après quoi il lui sera loisible de vraiment errer et de prendre cette décision, capitale entre toutes chez un authentique cowboy solitaire, d’aller  vers le nord  ou  vers le sud  ( à dire à des villageois qu’on a sauvés d’un racket prolongé et qui proposent en signe de gratitude de s’installer chez eux )

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L’homme à abattre, c’est le major Jackson, étrange émanation du Klan, dont l’amusement est de fusiller des mexicains en les laissant courir et en les tirant à distance. L’ex de Django était une mexicaine. Voilà l’intrigue presque entièrement nouée. Il reste, pour que le nihilisme du héros prenne tout son sens et toute sa beauté, à dire que les mexicains eux-mêmes, bien que vibrant de l’esprit révolutionnaire qui leur est si propre, ne sont pas des saints non plus. S’ils ont l’âme plus pure que les hommes du major Jackson, ils n’en sont pas moins des brutes, et leur chef, le proto Pancho Villa de service, aime rien mieux que couper une oreille à un type et, comble de l’enchantement, la lui faire avaler après. Aucun sadisme là-dedans cependant, il fait ça joyeusement et sans méchanceté ; c’est juste que c’est une brute. Face à ces 2 camps, ces 2 alternatives, le conservatisme vicieux d’un côté et le progressisme brutal de l’autre, il n’y a que le camp de Django qui vaille, celui de l’individualisme total. Raison pour laquelle Django aime l’or.

Il manque à ce tableau haut en couleur, une femme, que Django sauvera d’un viol – les mexicains qui veulent s’amuser – puis d’une crucifixion – les américains qui ont l’esprit tordu et plein de bigoterie protestante – et qu’il réfugiera dans un de ces bordels de western, plein de gaieté et de musique. Django est à l’aise dans ce lieu de débauche – dont on ne saura jamais dans quelle mesure c’est un bordel, un saloon, une auberge ou une salle communale – quoiqu’il ne soit pas, on s’en doute, un boute-en-train ; il ne rit pas, ne plaisante pas, il parle lentement quand il parle – ce qui est rare – mais il joue aux cartes. Il tire quelques réussites son cercueil à ses pieds pendant que les girls se disputent le droit de l’aborder la 1ère. Indifférent de la mort et des femmes, et exerçant un attrait irrésistible sur l’une et l’autre, Django est tout là.

Précisons aussi, parce que c’est important, qu’il garde son chapeau quand il joue aux cartes.

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Ce film a été tourné en 1966 par Sergio Corbucci – qui s’illustrera par la suite en réalisant plusieurs Terence Hill et Bud Spencer – dans la foulée des 1ers succès de Leone. Il a eu un réel succès, dans le fond pas totalement usurpé ; il a malgré ses clichés quelques réelles bonnes idées et trouvailles ; et a donné lieu à un nombre conséquent de fausses suites – en ces temps-là les distributeurs ne s’embarrassaient pas pour rebaptiser Django dans une version étrangère un film qui portait un nom différent dans la version italienne – contribuant à la familiarisation du public avec le nom de Django, sauf, suppose-t-on, en Italie.

Tarantino qui a le snobisme singulier de préférer les copies aux originaux apporte donc sa pierre à l’édifice. On parlera de son film bientôt. Pour ceux qui veulent voir Django dans sa version originale sur grand écran, c’est l’occasion ou jamais. Ca ne déçoit pas. Il ressort autrement en DVD et en Blu-ray.

Titre : Django

Réalisation : Sergio Corbucci

Interprétation : Franco Nero

Date de ressortie : 23/01/2013

Date de sortie originale : 1966

Distribution : Carlotta Films

Crédit Photos : Carlotta Films

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