Le Monde de Charlie (The Perks of Being a Wallflower)

Le monde de Charlie nous est décrit par Charlie lui-même, au travers de lettres qu’il écrit à un ami (imaginaire ? Son meilleur ami récemment décédé ?). Ce monde, c’est celui du lycée, celui d’une lutte entre l’apparence et l’identité encore floue d’adolescents qui se cherchent. C’est le monde cruel de jeunes qui tentent de trouver leur place dans la société, dans leur famille, au sein d’un groupe d’amis.

Charlie, jeune garçon dépressif, tente donc de trouver sa place, entre son professeur de lettres qui le considère comme un génie et ses camarades qui le voient davantage comme un « intello ringard ». Il réapprend à vivre suite au suicide de son meilleur ami grâce à Sam et Patrick, deux lycéens plus âgés que lui qui vont lui faire découvrir un nouveau monde fait de fêtes, d’alcool, de drogue et surtout d’insouciance.

Le Monde de Charlie est une adaptation du roman de Stephen Chbosky, l’écrivain prenant lui-même les rênes de la réalisation. Malheureusement, une telle tâche ne s’improvise pas, et si Stephen Chbosky excelle dans son statut d’écrivain et scénariste, il ne parvient pas à transcrire à l’image les nuances littéraires et les modulations de tons de son roman. Une déception, d’autant que le film est produit par Mr. Mudd Productions, qui avait déjà produit un film sur l’adolescence avec le savoureux Juno en 2007, film qui possédait un regard acerbe et drôle. Le Monde de Charlie manque cruellement d’une telle perspective.

Quand on lit les critiques américaines du film, qui applaudissent la peinture faite de l’adolescence et le juste ton employé qui les renverraient à leur jeunesse, on se demande si ces critiques ont-eux même été adolescents, ou s’ils l’ont fantasmée et réécrite à travers les nombreux “teenage movies??? américains. Car celui-ce ne s’en démarque pas. Le portrait des trois adolescents, loin d’être réaliste, colle parfaitement au genre ; clichés et stéréotypes semblent en être la matière première.
Un tableau sans nuance ni mesure, dont on se demande même si, avec ironie autocritique, il ne se joue pas de ses clichés tellement ceux-ci sont parfaitement complets. On espère alors que, peut-être, le film va être sauvé par une rupture abrupte des clichés, qu’il nous emmènera ailleurs, plus loin, grattera la surface mièvre des poncifs. Peut-être que le film dépassera la naïveté banale du film “coming of age » pour précisément revenir et commenter les clichés liés à l’adolescence. On espère. Longtemps. Jusqu’au générique de fin, jusqu’à la dernière image du film, qui répond si parfaitement à la première : un plan subjectif dans un tunnel. Même la séquence finale ne fait pas dans la demi-mesure, assimilant les plans subjectifs d’ouverture et de fermeture à la fois au regard de Charlie et à celui de Sam. Oui, ils sont libres, jeunes, beaux, et amoureux. La séquence finale se doit donc de rappeler cet amour, qui aura permis la libération de Charlie et le chemin qu’il a parcouru tout au long du film. Dans un dernier regard qui unit les deux personnages, la boucle est donc bouclée par des stéréotypes recyclés sans même être questionnés. La couche superficielle du film qui aurait pu nous entraîner vers une réflexion et une esquisse plus profonde de l’adolescence sonne malheureusement creux.

Le titre américain, The Perks of Being a Wallflower , simplement traduit par Le Monde de Charlie , colle plus au film qui devient finalement lui-même un « wallflower », film timide et sans grand intérêt, qui fait « tapisserie ». Malheureusement, aucun avantage à retirer de celui-là.

Sortie le 02 janvier 2013
Durée 1h 43min
Réalisé par Stephen Chbosky
Avec Logan Lerman, Emma Watson, Ezra Miller…

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