Selkirk, le véritable Robinson Crusoé

 

Selkirk, le véritable Robinson Crusoé est un petit film d’animation au charme désuet qui ravira essentiellement les jeunes spectateurs. Tranchant avec les supers productions hollywoodiennes sorties à la fin de l’année, Selkirk arrive à point nommé après les fêtes. L’occasion de découvrir une production originale en stop motion…

Selkirk est un film sympathique à bien des égards. Le réalisateur Walter Tournier s’est emparé du destin d’Alexander Selkirk, qui inspira Daniel Defoe pour son Robinson Crusoé . L’adaptation de cette histoire vraie, peu traitée au cinéma, recelait un fort potentiel scénaristique qui reste malheureusement sous-exploité.

Selkirk souffre immanquablement de la comparaison avec Pirates, Bons à rien, mauvais en tout , sorti en mars 2012 par les studios britanniques Aardman . La première partie du film offre au spectateur une galerie de portraits truculents. Mais, qu’est-ce qui ressemble le plus à un pirate? Un autre pirate, pardieu! Le capitaine assoiffé d’or, la femme déguisée en pirate qui voyage incognito, on retrouve tous les poncifs du genre!

Si l’humour n’est jamais absent pendant la première heure du film, le spectateur se demande quand l’action se recentrera sur le personnage de Selkirk, présenté comme le véritable Robinson Crusoé. Il faut attendre la toute dernière partie (les 30 dernières minutes) pour rentrer dans le vif du sujet. Les plaisanteries lourdes font alors place au désespoir de Selkirk puis à sa renaissance…

Renaissance comme être humain: du pirate effronté, vantard, joueur et querelleur qu’il était, il ne reste plus rien. Tout l’intérêt du dessin-animé repose sur cette transformation. Le rythme des animations devient plus lent, très naïf… Mais, c’est pour mieux retranscrire la métamorphose intérieure… Confronté à sa propre mort, entouré de quelques animaux sauvages, Selkirk va pour la première fois faire preuve de sagesse et de mesure…

Derrière la simplicité du film se cache en fait un message philosophique dont Walter Tournier s’est fait l’écho auprès de la presse. Le réalisateur affirme: « A travers la première partie du film et le voyage sur le navire, sont exposés les aspirations, les ambitions, les accords et les désaccords de chaque personnage (…) Sur l’île, ce sont la solitude et l’amélioration de soi qui sont mises en avant. C’est donc quelque part une métaphore critique de la vie en société. »

En ce sens, on comprend mieux l’existence des deux parties…même si, on trouve que le film pâtit un peu de cette construction métaphorique…
A noter également, Walter Tournier a pris le parti de ne pas respecter scrupuleusement la biographie du vrai Selkirk: pour les amateurs d’histoire, il faudra donc se reporter aux nombreux ouvrages qui lui ont été consacrés…

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2 Responses to "Selkirk, le véritable Robinson Crusoé"

  1. Pierre Fonsagrive says:

    Eh bien, tu t’en es plutôt bien tirée pour un film dont tu me disais pas trop te souvenir.
    Tu peux juste corriger « charmant film …. au charme désuet » ?

    Thks –

    Répondre

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