Un Jour de Chance

Un Jour de Chance part d’un postulat complètement fantasque : un type, à la suite d’un accident improbable, se retrouve cloué au sol au milieu d’un amphithéâtre romain, une tige en fer figée dans le crâne. Il est paralysé dans cette position, bien vivant mais incapable de se mouvoir au risque d’y laisser la vie. Pour bien faire, cet amphithéâtre antique, fraîchement découvert, est sur le point d’être présenté à la presse et au public. Lever de rideau sur ce type punaisé « comme un papillon » – la comparaison viendra de sa bouche – au centre du théâtre. La presse est déjà là, et en un rien de temps, les badauds accourent et c’est toute l’Espagne qui est témoin de ce drame en  live  , drôle et funeste.

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Afflux médiatique autour d’un événement tragique ; quelques faits divers viennent à l’appui de l’inspiration du scénariste. Celui, terrible, de cette fillette prise dans une coulée de boue au Mexique qui périra devant les caméras, ou celui, bien sûr, dont il est d’ailleurs question dans le film, des « mineurs chiliens ».

Personne ne peut rien faire, les médecins n’osent retirer la tige de son crâne, la scier menace de lésions graves à cause des vibrations, etc… Beaucoup, par contre, y voient un intérêt : pour un journaliste, c’est le scoop, pour un publicitaire, c’est l’occasion devant une telle couverture médiatique de faire un peu de placement produit. Ainsi notre homme voit là son quart d’heure de gloire triste ; il est interviewé, on lui propose des contrats juteux et il se prend de négocier des passages télé et des exclus avec 15 bons centimètres de fer dans l’occiput, comme si de rien n’était, bienheureux.

Car, en fait, il revient d’une journée infernale, rejeté d’un entretien d’embauche par un ami à lui, ridiculisé, au bout du rouleau, à tel point que son accident tient un peu du suicide raté qui aurait tourné à la farce.

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Alex de La Iglesia a toujours été un réalisateur burlesque, too much , attiré par les histoires déjantées. En un sens, ce sujet était taillé pour lui ; en un autre on regrette un peu que face à une situation qui en soi était extrême, décalée, il n’y ait pas eu un traitement qui soit justement plus en mesure.

On dit des médias qu’ils sont parfois caricaturaux pour railler leur prévisibilité, il nous les montre vraiment comme tels, use de procédés éculés comme le coup du mec qui brandit le pouce devant la caméra avec son produit à la main. Ce genre de technique marketing qui n’est plus usitée depuis très longtemps, fait partie du folklore publicitaire : pourquoi ne pas, justement, se poser la question de savoir ce que pourrait vraiment faire la plus cynique des agences de pub ? En nous montrant ce genre de caricature, La Iglesia nous fait sourire mais lisse le comportement du personnage. A la limite même, il nous le rend sympathique. La bouffonnerie finit par tuer la satire.

Mais on ne boudera pas son plaisir, tout cela n’empêche pas à ce film qui fourmille de bonnes idées de très bien se regarder.

Titre : La Chispa de La Vida

Réalisation : Alex de la Iglesia

Interprétation : José Mota, Salma Hayek

Date de sortie : 12/12/2012

Distribution : Distrib Films

Crédit Photos : Distrib Films

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