Trois Mondes

Tout commence avec trois hommes ; trois amis, un peu éméchés, s’amusent et se charrient lors d’une soirée. Ils sont en voiture ; le conducteur, Al, ne voit pas l’homme qui traverse et le percute. Dans cette rue parisienne apparemment déserte, il se laisse convaincre par ses amis : la meilleure solution est de fuir.

Al est un jeune homme d’origine modeste qui a su prendre le bon ascenseur social ; sa vie est toute tracée. Il s’apprête à se marier avec la fille de son patron et est nouvellement promu directeur d’un garage de voitures de luxe, il fête ces bonnes nouvelles avec ses amis. Cette soirée fera basculer trois destins, trois vies, trois « mondes » ; elle mettra en péril le quotidien monotone d’Al, bouleversera la vie de Juliette, et assombrira celle de Vera. Le film dépeint la déchéance d’un homme qui fait tout pour racheter sa culpabilité, sans se rendre compte qu’elle n’est pas, comme les voitures qu’il vend, négociable.


Trois Mondes
est la chronique d’une vie bien réglée qui bascule dans un chaos soudain, rongée par la culpabilité. Les personnages se débattent avec la vie, l’amour ou la mort. Et leur conscience. Mais ces luttes personnelles se ne partagent pas, ne s’échangent pas, comme Juliette l’apprendra au détriment de ses études et sa vie personnelle. Trois mondes se croisent, s’entrechoquent ; choc des cultures, des traditions ; c’est le choc de la vie, d’un accident, de la mort mais aussi celui d’une rencontre.

Le film a l’avantage de ne pas rendre les personnages manichéens, exceptés les personnages secondaires qui constituent la famille de Vera, femme de l’accidenté. Il n’y a ni bons ni méchants, mais des personnages en lutte avec leur conscience et leurs actes ; le film est un drame bien mené, au pathos justement dosé.
A noter également, le jeu des acteurs ; on retrouve Clotilde Hesme dans le rôle de Juliette, qui tente de mener de front les batailles de chacun, pour finalement se rendre compte que c’est à chacun de mener la sienne.
Raphaël Personnaz est également très juste dans le rôle d’un trentenaire tourmenté par la culpabilité, qui ne se reconnaît pas dans ses actes tout comme il ne se reconnaissait pas dans la nouvelle vie qui l’attendait ; le film nous livre sa déchéance, unique et ultime condition d’une éventuelle reconstruction.

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