Violeta (Violeta se fue a los cielos)

Portrait d’une inconsolable amoureuse, Violeta se fue a los cielos (Grand Prix du Jury au festival de Sundance 2012) est un élégant biopic réalisé par Andres Wood dont on avait déjà apprécié les longs-métrages Historias de futbol et Mon ami Machuca…  La musicienne Violeta Parra, véritable icône au Chili, est interprétée avec beaucoup d’intensité par l’actrice Francisca Gavilan…

Qui était Violeta Parra ? C’est la question à laquelle ce film tente de répondre en nous présentant les multiples aspects de la personnalité de cette chanteuse, célèbre pour avoir remis au goût du jour les chants traditionnels chiliens en se livrant à un travail de mémoire digne d’un anthropologue.

Mais Violeta Parra ne se contentait pas de chanter. C’était aussi, à sa manière survoltée et maladroite, une défenseure des droits fondamentaux des indiens ou des classes défavorisées chiliennes… Amie de Pablo Neruda, elle se défendait d’appartenir au parti communiste et sa destinée personnelle montre qu’elle avait bâti sa carrière en faisant fi de toute allégeance. Violeta Parra est donc présentée comme une femme libre, qui peint et tisse de gigantesques tapisseries qu’elle réussit à faire exposer au Arts Décoratifs du Musée du Louvre.

C’est une femme cosmopolite avant l’heure, qui voyage beaucoup, en Europe, à Paris, en Pologne… Même si sa voix magnifique charme l’ensemble des chiliens, de gauche comme de droite, ses choix de vie, ses deux mariages, son aventure avec le Suisse Gilbert Favré, ses tournées qui l’éloignent de ses enfants pendant deux ans sont mal perçus par une partie de la société…

Violeta est décrite comme une écorchée vive en perpétuelle rébellion…On ne saura pas trop pourquoi même si les premières séquences du film laisse entrevoir un événement traumatique comme cause probable à son comportement autodestructeur: la mort prématurée de son père, instituteur et musicien alcoolique, qu’elle adorait…

Violeta Parra est une figure tragique dont la renommée suffisait à justifier un film éponyme retraçant sa carrière… Au-delà de la reconstitution biographique portée par une magnifique BO, le film d’Andres Wood est intéressant de par sa construction et sa dimension symbolique. Pour évoquer le tumulte intérieur de la chanteuse, le réalisateur a utilisé des cadrages stylisés (Violeta vue de loin en sortant du Louvre). Mais Andres Wood a surtout laissé la nature et les animaux s’exprimer à la place de l’actrice qui interprète la chanteuse… Ce sont ses scènes quasi picturales, à la composition très étudiée, qui donnent un supplément d’âme au film.

Violeta, chanteuse mystérieuse dont on s’explique mal le suicide… Avec un battement d’ailes de chouette, un gros plan sur l’œil d’une poule ou une forêt nimbée de brouillard, Andres Wood parvient à transcrire toute la folie et le désespoir de cette femme sphinx qui s’exprimait par poésies et images…

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