Without

Une fille accepte un emploi d’aide à domicile au pair. Elle doit surveiller et s’occuper d’un vieillard prostré sur une chaise dans un état végétatif. Il ne parle pas, ne bouge pas, il est juste là. Ils sont sur une île, seuls ou presque. Pas de réseau, pas d’internet.

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C’est toujours très délicat de faire un film sur l’isolement. Joslyn s’ennuie, occupe une part importante de son temps à chercher du réseau ou à bidouiller une installation informatique. Problématique de la solitude à l’écran à laquelle il faut rajouter, forcément, l’absence de dialogues – quoiqu’elle parle un peu au vieil homme comme on parle à son poisson rouge ou à son cactus. Pourtant, en flirtant vers Shining , Mark Jackson s’en tire à très bon compte.

La maison a sa malédiction, son temps figé : tous les matins, le téléphone de la jeune fille s’active avec le même morceau, une ritournelle mièvre mais inquiétante, à force, dans sa répétition et ses paroles (« everyday it’s always the same… » ) Elle découvre, avec dégoût, dans son dos, de longues marques. Des rougeurs indiquant une maltraitance de son corps dont elle est incapable de comprendre la provenance. La maison est habitée et morte en même temps. Il n’y a que le vieux ; impotent, inoffensif. Le temps passe. La solitude joue sur ses nerfs et réveille sa libido. Elle déraille un peu, se languit de l’absence de sa copine dont elle ne cesse de repasser les photos sur son smartphone.

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Le film prend un rythme, jouant du trouble de la fille, faisant exister la maison, glissant vers le fantastique sans jamais y basculer. On se laisse happer peu à peu. Nous voilà entre 2 eaux, celle de la psychose et celle d’une violence bien réelle. On soupçonne l’une, on craint l’autre. L’ambiguïté est de faire coïncider l’abandon lascif de la fille avec l’émergence de menaces sexuelles. Une hostilité sourde pulse dans cette maison tranquille perdue au milieu des bois.

Mark Jackson parvient à nous intéresser à partir d’une trame très maigre, difficile à tenir. Bel exploit mais le réalisateur ne serait pas allé bien loin sans la remarquable prestation de Joslyn Jensen qui tient le rôle principal et qui porte, à elle seule, tout le film.

Titre : Without

Réalisation : Mark Jackson

Interprétation : Joslyn Jensen, Ronald Carrier

Date de sortie : 14/11/2012

Distribution : Atopic Distribution

Crédit Photos : Atopic Distribution

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