L’Etrange Créature du Lac Noir

Voilà l’occasion de redécouvrir ce classique de Jack Arnold, en 3D, pour laquelle il avait été conçu à l’époque.

James Cameron a donné le code déontologique de la 3D moderne : modeler un espace, créer de la profondeur, favoriser ainsi l’immersion du spectateur mais, <i> par-dessus tout </i> , éviter les effets gadgets : projections dans les yeux ( flèches, pistolet laser, cailloux etc… ) La 3D, James nous le dit, ne sera considérée comme une évolution technologique que quand elle sera prise au sérieux. Fini donc les enfantillages.

Ca nous a valu une vague de films lancée à la suite d’Avatar , en 3D ( souvent de post-prod ) avec du volume, oui, de la tenue, peut-être, en somme une 3D bien élevée, qui se comporte convenablement, qui ne surgit pas subitement du coin de l’image comme un enfant mal éduqué. Et puis en fin de course, ça a ennuyé à peu près tout le monde, qui en a eu marre des lunettes et des surcoûts pour les acheter ( ou les louer selon ).

La 3D de foire, celle qu’il fallait éviter, c’est donc celle des films d’horreur et de science-fiction des années 50, dont cet Etrange Créature du Lac Noir est un des parangons. Ici, le Big Bang nous éclate dans les yeux, la main fossilisée de la Créature nous saisit à la gorge, on nous jette à la figure lampes à pétrole, harpons, tout, même le plancton et les bulles d’air viennent envahir note champ de vision le plus proche. Tout ce qu’il ne faut pas faire donc, mais reconnaissons que c’était quand même plus drôle.

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L’Etrange Créature du Lac Noir raconte une expédition à la recherche d’un monstre mi-homme-mi-poisson.

Le costume du Gillman , créé par Bud Westmore sur un dessin de Millicent Patrick, est curieusement à la pointe de 2 extrêmes : d’un coté, il est la référence définitive du monstre en costume kitsch, dont il montre la limite, ayant illustré un nombre incalculable d’ouvrages sur les monstres-qui-ne-font-pas-peur ( voire les nanars ) de l’autre, force est de constater qu’il est très réussi, incontestablement soigné dans son design et sa conception. Parmi les personnages cultes du catalogue Universal Monsters – facilement dénombrables – le Gillman occupe une place bien à part, ayant été la 1ère et la seule création originale, c’est-à-dire ayant été le seul monstre à ne pas être directement issu de la littérature ou du folklore. Rendons-lui ce mérite.

Le film s’efface un peu aujourd’hui derrière ses clichés – qui ne sont pas seulement les siens mais surtout ceux de tout le cinéma d’épouvante de cette époque – à commencer par son titre et son affiche, fifties en diable ; ou encore dans le comportement bien singulier du monstre qui trucide les hommes sans pitié mais, par contre, cherche à ravir la fille ; on s’étonne pourtant de constater que le scénario est plutôt bien écrit, nettement mieux que bon nombre de classiques de la même époque pour tout dire, et le film pas si kitsch qu’on le croirait.

Bien sûr la Créature ne fait plus peur – l’a-t-elle jamais fait ? – mais elle a cette ambivalence, étant à la fois féroce et pathétique, typique des vieux films de monstres. Veut-on la voir se faire piéger ? Oui, parce que c’est une menace, non, parce que les méthodes utilisées contre elle sont toujours un peu lâches. Jack Arnold joue habilement de ses 2 plans, de telle manière que si son film n’impressionne plus aujourd’hui, le charme, pour sa part, est toujours intact.

Titre : Creature From the Black Lagoon

Réalisation : Jack Arnold

Interprétation : Julie Adams, Richard Carlson

Date de ressortie : 07/11/2012

Année de sortie originale : 1954

Distribution : Carlotta Films

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