Les Paradis Artificiels

Grosse plongée dans le monde des rave-partys  , le film se focalise tellement sur son contexte qu’on croit presque voir un documentaire. On suit d’abord 2 filles, Erika et Lara ( Nathalia Dill et Livia de Bueno ) qui se rendent à une gigantesque rave sur une plage de Recife au Brésil.

Une partie importante du film repose sur la mise en scène du parcours – trajet en car, rencontre avec un vieux routard techno-fêlé, «  la prise de peyotl te fait voyager à l’intérieur de ta conscience  » découverte des lieux – de la tension et de l’excitation qui précèdent l’événement, et bien sûr de l’événement lui-même ; fête monumentale où le jour et la nuit se fondent l’un dans l’autre, sans démarcation, liés par la musique non-stop.

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Très long prologue pourrait-on croire mais c’est que l’objectif premier de Marcos Prado est avant tout de faire vivre la rave, sa pulsation, de retranscrire l’électricité qui s’en dégage. Ca n’est pas un élément de décor ou juste l’environnement de l’action, ça n’est donc pas un contexte , mais bien plutôt le véritable sujet du film. A tel point que quand l’histoire commence à se dessiner – qui suit des lignes assez prévisibles mais qui est plutôt bien écrite – on la trouve presque incongru. Comme l’irruption de quelque chose d’artificiel dans ce qui semblait presque un reportage. Bien sûr, tout le film n’est que pure fiction mais les séquences de raves sont tellement montrées pour ce qu’elles sont, et pas comme un arrière-plan donc, qu’il se crée une sorte de décalage. L’histoire, quant à elle, surfe sur une mythologie imposée avec ses drogues de synthèses, expérimentations en tout genres, bad trips, deals douteux, et morts inévitables, mais s’avère plutôt convaincante.

Les amateurs de techno, ceux qui ont vécus le genre d’expérience décrite dans le film – économiser toute l’année juste dans le but se rendre à la plus grosse rave du monde, y aller par tous les moyens possibles, en stop, comme on peut – vont parfaitement se retrouver dans cette histoire. Ceux qui ne supportent pas la techno mais qui comptent peut-être sur autre chose, une histoire de contrebande, de gangsters ou que sais-je, peuvent passer leur chemin, c’est la déception assurée.

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Le débat sur la représentation positive ou négative des drogues qui accompagne inévitablement la sortie de ce genre de film ne se pose pas vraiment. Oui, c’est présenté comme une expérience désirable, oui c’est présenté comme potentiellement très dangereux.

Ce qui intéresse Marcos Prado c’est surtout la rave en tant que manifestation culturelle contemporaine, en tant que donnée sociologique. En capturer l’essence parce qu’il y a là quelque chose qui dit notre époque. Pour le pire ou le meilleur, chacun jugera.

Titre : Paraísos Artificiais

Réalisation : Marcos Prado

Interprétation : Nathalia Dill, Luca Bianchi, Livia de Bueno

Date de Sortie : 31/10/2012

Distribution : Damned Distribution

Crédit Photos : Damned Distribution

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