Rebelle, Disney-Pixar

Dans les hautes terres d’Écosse, Mérida, une jeune princesse aux longues boucles rousses rebelles refuse de devenir reine. Lorsqu’elle ne tire pas à l’arc, elle s’évade sur son fier destrier pour escalader des pitons rocheux…Autant dire qu’elle ne respecte pas l’éducation stricte que sa mère tente de lui inculquer. Quand vient le moment de se marier, elle est prête à utiliser la sorcellerie pour faire changer d’avis la Reine Mère inflexible.

Voilà pour le scenario…assez mince. Le thème de l’amour maternel et de l’émancipation féminine est abordé à travers une obscure fable héritée de légendes celtiques mettant en scène la métamorphose d’hommes et femmes orgueilleux en ours dangereux.

L’enjeu dramatique, ressort des péripéties, sera toujours le même: le père, chasseur prêt à en découdre avec l’ours qui l’a rendu unijambiste, assassinera-t-il son épouse, transformée en immense bête velue à la suite du mauvais sort jeté par Mérida?

La deuxième partie du film se borne donc à une série de courses poursuites à l’intérieur du château puis dans la forêt. La peinture des prétendants au trône, au début du film, tire quelques sourires au spectateur qui finit par se désoler de voir les mêmes gags se répéter sans fin: les trois petits frères de Mérida volent les gâteaux de la servante, le prince costaud avale tous ses mots…

Le scenario présente tous les archétypes du conte initiatique: Mérida, l’héroïne méprisée par les siens (sa mère dans le film), se rebelle, quitte sa famille, affronte les dangers de la forêt…pour revenir en guerrière acclamée… Mais, de dangers qui pourraient pimenter ce film plat, il n’y en a guère…La sorcière qui ressemble à s’y méprendre à celle de Blanche Neige n’est pas effrayante, juste un peu gaffeuse… Les feux-follets guident Mérida vers son destin… Pas de suspense donc et des rebondissements qui n’en sont pas…

Un film d’animation n’a pas forcément besoin d’être dopé aux scènes d’action pour susciter l’intérêt (on songera à Kirikou ou les Contes de la Nuit) mais Pixar nous avait habitués à beaucoup d’originalité et de second degré (Ratatouille, Toys Story). Or, la dimension subversive revendiquée par Rebelle (une princesse qui ne veut pas se marier) ne fonctionne pas. La faute à un scenario complètement bancal qui met sur le même plan la soif de pouvoir et la soif de liberté. La morale du conte voudrait que Mérida, trop orgueilleuse, ait été punie comme le prince avide de pouvoir changé en ours…Mais, c’est oublier que Mérida n’a jamais eu pour ambition de s’accaparer ce qui appartenait aux autres…La jeune femme était même prête à renoncer à son royaume pour être libre de gambader dans la forêt: l’analogie sur laquelle tout le film est basé est donc fallacieuse.

Et l’on assiste avec consternation à un happy-end final où la jeune femme rebelle rentre sagement dans le rang…pour le reste, les écossais sont décrits comme une bande de soulards qui ne pense qu’à se battre et la musique, sirupeuse à souhait, est à vomir…

Vivement le Magasin des Suicides, film d’animation de Patrice Leconte… Une chose est sûre: les rebelles de Pixar ont tourné le dos à leurs idéaux…

Un petit point positif: La Luna, réalisé par Enrico Casarosa et projeté avant Rebelle, une merveille de poésie…

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