Woody Allen : A documentary

Ce film, initialement produit pour la télé, bénéficie d’une sortie salles en France, preuve de la considération que nous avons pour la carrière de Woody Allen.

 

De fait, la première partie du docu est sans conteste la plus intéressante : on découvre d’abord ses débuts ; on apprend, entre autre, qu’il a été embauché pour écrire des blagues pour la radio après avoir proposé, comme ça, quelques lignes qu’il avait écrites – ça laisse bien pensif aujourd’hui… – Le chemin de l’anonyme humoriste à la vedette de stand-up se fait naturellement mais non sans douleur. Allen, malgré ses records de longévité dans la comédie, n’était pas taillé pour. Il n’a ni l’aisance, ni vraiment la vocation. Ecrire, oui, dire, non. D’une façon amusante, on découvre que sa popularité, il l’a acquise aux Etats-Unis, sur les plateaux de télévision : c’était un de ces invités réguliers qu’on ne connaît que parce que, justement, on les invite. Ses numéros, il fallait se déplacer pour les voir ; ils n’étaient ni enregistrés ni diffusés.

Vient sa carrière cinématographique qui démarre avec l’écriture de Quoi de neuf, Pussycat ? ; on est rassuré d’apprendre sa déception à l’égard de ce film en roue libre – enfin qui a bien quelques bonnes idées mais dont on se demande si une production en avait encadré le tournage – Cette déception a, cela dit, le mérite de le pousser à la réalisation. Le docu remonte ensuite le fil de ses films, presqu’un à un, jusqu’à Stardust Memories , après quoi, les bonds sont plus grands.

Tout le monde s’accordera, aujourd’hui, à dire que Woody Allen a vraiment trouvé son style avec Annie Hall en 1977. Ses films précédents, qui furent pourtant de grands succès, s’affadissent avec le temps. Parfois drôles, souvent lourds. Reconnaissons cependant que c’est la comparaison avec ceux qui leur succédèrent qui leur fait la plus mauvaise publicité. Si la carrière de Woody Allen s’était arrêtée avec Guerre et Amour , peut-être seraient-ils vus autrement.

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Avec Annie Hall , Woody Allen remporte l’oscar du meilleur film. Il a son décor, New York, son personnage, lui-même. Petit homme névrosé, psychanalysé, obsédé par la mort qui n’est drôle que parce que ses paranoïas et ses inquiétudes semblent dérisoires à tout le monde. Il parle vite, bégaie, remet ses lunettes, veut qu’on l’écoute, cherche à être grave ; rien n’y fait. La vie se divise en 2 catégories « the Horrible and the Miserable », explique-t-il aussi sérieusement qu’il peut. Horrible, les gens en phases terminales, les aveugles, les infirmes; Malheureux, tous les autres. Plus il paraît convaincu, moins il paraît crédible, et plus il est drôle. Equation tragique pour lui. Son pessimisme est une bouffée d’air.

Manhattan confirme Woody Allen dans sa nouvelle voie. La suite du documentaire s’égare un peu ; ou plutôt, il semble que le réalisateur, ayant finit l’histoire de la construction du style de Woody Allen, ne sache plus trop quelle direction prendre. On survole les titres, en s’y arrêtant occasionnellement, généralement quand un oscar reçu l’y oblige. C’est ainsi qu’on revoit Mira Sorvino, par exemple, un peu oubliée aujourd’hui. Ce dernier tiers du documentaire qui, paradoxalement, évoque la partie la plus intéressante de la carrière de Woody Allen, manque de structure et retient moins l’attention ; c’est un peu une suite d’hommages des comédiens qui ont travaillé avec lui ; notons qu’avec 4 d’entre eux qui ont remporté une statuette et 15 une nomination, on ne s’étonne ni de l’estime qu’ils lui portent, ni de sa capacité à réunir des castings à chaque fois stupéfiants.

Un documentaire qui, cependant, vaut le détour et devrait plaire aux fans de ses films.

Titre : Woody Allen : A Documentary

Réalisation : Robert B. Weide

Date de Sortie : 30/05/2012

Distribution : Memento Films

Crédit Photo : Memento Films

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