Dark Shadows

Barnabas Collins, fait vampire par une sorcière éperdument amoureuse de lui – jouée par Eva Green, confondante, dont le sourire rappelle étrangement Sam Jaffe dans L’Impératrice Rouge – qui préfère le savoir maudit que mort, et qui, trouvant que ça ne suffit pas, le fait enterrer vif, se réveille de 200 ans d’enfermement pour découvrir que la dynastie richissime dont il était l’héritier et l’artisan, s’est effondrée avec le temps. Il décide de reprendre place auprès de ses petits-enfants et de redresser la conserverie familiale.

Barnabas le vampire grand-bourgeois qui a 2 siècles à rattraper sec, c’est une partie du concept. Il se méfie, tâtonne, fait mine de ne pas s’y laisser prendre. Johnny Depp joue de cette préciosité qui tisse un fil étrange dans ses rôles, de Las Vegas Parano à Pirates des Caraïbes à ce dernier film. On lui retrouve certaines gestuelles affectées, une façon de dissimuler la surprise, des mimiques ; les rôles n’ont rien à voir, mais quelque chose de commun est toujours là.

Le hasard ne fait pas totalement mal les choses : en se réveillant en 1972, il facilite ses chances de passer inaperçu. Tim Burton nimbe les années de son adolescence d’un psychédélisme inquiétant. Tout le monde semble venir d’une autre planète, à commencer par la famille Collins – de la famille Collins à la famille Addams le pas est vite franchi – à tel point que le vampire ne semble pas tellement plus décalé que les autres. Avec ses jabots, ses ongles longs et sa face blanche, il s’intègre : un excentrique chez les désaxés. A la limite, quand il discute autour d’un feu de camp avec une poignée de hippies, c’est même lui qui paraît le plus normal.

C’est plein d’humour, de couleurs, de style. Le mérite de ce film est d’appartenir à la comédie sans pour autant jamais se construire comme telle. Les situations prêtent à rire mais elles se fondent dans une histoire de vampires et de sorcières et de rivalités multi-séculaires, joyeusement invraisemblable.

Avec ça Burton nous exhume Alice Cooper pour une séquence manoir-cocktail-bal improbable et parvient à mettre en parallèle l’histoire d’un de ces personnages, la gouvernante, avec une de ses chansons, Ballad Of Dwight Fry .

Un Burton de très bonne facture donc, qui rassure après une série de déceptions. Même Danny Elfman retrouve une inspiration qui lui faisait défaut depuis quelque temps. On recommande.

Et est-ce la peine de le dire ? Les lunettes de Johnny Depp sont super classes.

Titre : Dark Shadows

Réalisation : Tim Burton

Scénario : Seth Grahame-Smith

Interprétation : Johnny Depp, Eva Green

Date de sortie : 09/05/2012

Distribution : Warner Bros

Crédit Photos : Warner Bros

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