Fright Night

Il y avait pourtant un bon matériau. Commençons par le plus simple : le film de 85 mettait en scène Peter Vincent, un vieil acteur de film d’horreur rangé, mélange de Christopher Lee et de Peter Cushing, rendu à cabotiner dans une émission télé où, entre 2 films d’horreur diffusés, il paradait dans ses vieux oripeaux de chasseur de vampires. Ici, il est devenu un illusionniste de grand spectacle façon Dany Lary spécialisé dans la mise en scène gothique. Le fossé est énorme.
On se porte à croire qu’en 85, il y avait encore des émissions type Fright Night – à commencer par les célèbres Contes de La Crypte – et que mettre un animateur dans un caveau de carton-pâte était encore acceptable. On ne voit plus de ça aujourd’hui, si bien que les auteurs du remake on cru bon d’actualiser en flanquant à la place Le Plus Grand Cabaret du Monde . Admettons. Le problème par contre, c’est qu’on a du mal à concevoir qu’un geek – ici, Christopher Mintz-Plasse, spécialiste toute catégorie – puisse vouer de l’admiration pour ce genre de personnage et, plus encore, puisse prendre au sérieux ses connaissances en choses de l’occulte. Ce serait comme croire que les lecteurs d’ Elegy vont se rendre en masse au spectacle de Kamel Ouali, Dracula, l’Amour Plus Fort que La Mort .

Plus gênant encore, le film ne reproduit pas l’associalisation qu’engendrait l’engouement du héros pour les films d’horreur et les histoires de vampires en particulier. Le film de Holland fonctionnait sur l’idée que Charley Brewster, le héros, est si isolé du monde à cause de sa passion que, lorsqu’il clame avoir un vampire comme voisin, il semble s’enfoncer dans une sorte de monomanie. Dans la nouvelle version, le temps qui sépare l’annonce à sa petite amie et à sa mère des soupçons qu’il a à l’encontre de son voisin et la manifestation de la véritable nature de ce dernier, est d’à peu près 5 minutes. Autant dire rien.
L’association avec Vincent collait parce que n’ayant personne pour le croire, c’est forcément vers lui qu’il allait se tourner; d’abord gonflé d’admiration pour son idole, ensuite déçu par l’homme, et enfin réconcilié avec les deux. On se demande bien ce qui le pousse à aller voir Vincent dans la version de Gillepsie; il a d’ailleurs fallu pour ça que les scénaristes aillent inventer un furtif et douteux arrière-plan de tribus vampires et d’assassinat parental pour donner une raison d’être à ce duo. De fait, ce n’est pas tant le duo qui ne marche pas que le personnage de Peter Vincent qui a du mal à trouver sa justification dans le scénario ; or c’est tout de même le nom de son show qui sert de titre au film !

Étonnamment, alors que le public geek est plus que jamais courtisé par Hollywood, c’est finalement la vieille version qui se plait le plus à jouer la carte de l’ado reclus obsédé par ses lubies.
C’était un peu ce qui faisait le charme du film, c’est nettement ce qui manque dans cette nouvelle version.

Titre : Fright Night
Réalisation : Craig Gillepsie
Inteprétation : Anton Yelchin, Colin Farrel, Imogen Poots
Pays : Etats-Unis
Date de sortie : 14 septembre 2011
Distribution : Walt Disney

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