La Mosquitera, sortie le 19 octobre

Agustí Vila met en scène l’impossibilité de communiquer sur fond d’hypocrisie familiale… Des parents et un fils catalans perturbés par un sentiment de culpabilité et de compassion malsaines ne cherchent pas à se poser les vraies questions: voilà les héros de ce film espagnol assez éprouvant. La mère dessine des scénarios sanguinolents pour des contes destinés aux enfants, elle couche avec le meilleur ami de son fils.

La vie des parents tourne autour du fils, un ado qui semble porter toute la misère du monde sur ses épaules et qui passe son temps a ramener des animaux chez lui: chiens, chats, un pigeon blessé. Cela nécessitait une explication qui n’aura jamais lieu. Par lâcheté. Ce fils divise le couple formé par une mère super protectrice et un père qui aimerait bien ouvrir les fenêtres histoire de ventiler… On pense avec lui qu’on étouffe d’ailleurs un peu. Le jour où le père franchit le pas, un chat tombe par-dessus la fenêtre: gros plan sur la bête agonisante. Exit le père qui court se réfugier chez la bonne immigrée faussement effarouchée, quelques billets arrangent le tout.

Et toujours cette même rengaine je veux mais je ne veux pas, je paye mais je ne paye pas. Hypocrisie d’une dialectique qui n’est que le verbiage d’une famille passant sous silence des tortures faites à une enfant de cinq ans. Certes, on se pose des questions juste pour éluder les vraies réponses et le passage à l’acte.

Quelques bonnes trouvailles: le mélange d’espagnol et de catalan, une jolie musique qui adoucit des séquences que l’on devine ou appréhende avant même de les avoir vues, l’apparition cauchemardesque de Géraldine Chaplin , la grand mère mutique qui parle par l’intermédiaire de son mari qu’elle déteste et qui veut se suicider mais se rate à chaque fois.

On se surprend parfois à sourire mais on grince surtout des dents face à la lâcheté de ces personnages qui verbalisent tout pour ne pas agir.

On ressort de là sans la moindre sympathie pour cette famille mais on applaudit quand même: cela faisait longtemps, depuis Cria Cuervos , qu’un cinéaste espagnol n’avait si bien réussi à mettre en scène une ambiance familiale aussi oppressante.

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