Bright Star

En 1818, à Hampstead, dans la banlieue proche londonienne, John Keats est un poète romantique méconnu dont les pamphlets sont malmenés par la critique. Sa voisine, Fanny Brawne, s’éprend de ce jeune homme au détour des vers qu’il couche sur le papier. Leur relation devient aussi plus intense à cause de la maladie du frère de Keats, qui finit par décéder de la tuberculose. La mère de Fanny et le meilleur ami de Keats, Brown, ne voient pas d’un bon œil cette relation. Trop tard. Les deux amants sont inséparables et vont élever leur amour au-delà des barrières qui se dressent devant eux.

A en croire certains historiens, la relation qu’entretenaient Fanny Brawne et John Keats n’était pas si rose qu’au regard de la réalisatrice. Mais qu’importe, Jane Campion réussie à convaincre le spectateur que l’amour qu’ils se portent est unique. Comme si, au moment du montage, elle s’était décidée à n’en garder que les bons moments, et à jeter aux oubliettes les scènes qui auraient pu altérer cet air de perfection qui plane au dessus d’eux. On retrouve donc avec plaisir des mœurs d’une autre époque, tout en pudeur. Leur relation est presque platonique, agrémentée seulement de quelques baisers furtifs. Un amour pur qui vit surtout par les mots et lettres échangés, et quoi de plus étonnant pour un film sur fond de poésie ? Bref, une relation filmée comme un fantasme tant cette passion unique semble être d’un autre monde.

Abbie Cornish, dans un rôle difficile, rend un bel hommage à Fanny Brawne par son interprétation. Et que dire de Ben Whishaw, révélation de ce film, qui endosse à merveille le costume de John Keats. La réalisation s’appuie sur de longues scènes en gros plan, et sur des jeux de lumières et de couleurs qui illuminent l’histoire et servent à distinguer les moments de « bonheur » des moments « plus difficiles ». Le tout est rythmé par la Serenade N°10 de Mozart, grandiose, reprise à divers moments du long-métrage.

Bright Star aurait facilement pu être étiqueté « film à l’eau de rose » si Jane Campion l’avait traité autrement. Sa réalisation presque minimaliste (dialogues et démonstrations d’amour finalement restreintes) en fait un film atypique où le sujet n’est plus seulement une idylle entre un homme et une femme, mais la découverte de sa muse pour un poète qui passa de méconnu à idole posthume. Un chef d’œuvre.

written by

The author didn‘t add any Information to his profile yet.

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

/**