Soul Kitchen

Pourtant dans Soul Kitchen la dualite?? culturelle Allemagne-Turquie, la mort accidentelle et le rejet, thèmes chers au re??alisateur, ont disparu. Que reste t-il de celui dont on appre??ciait Heads-on et De l’autre côte?? ? Son optimisme ! Il rend attachant des personnages souvent pitoyables et enlise??s dans leurs situations calamiteuses et de??sespe??re??es. C’est donc avec confiance que l’on suit Zino, cuisinier improvise?? et proprie??taire d’un hangar transforme?? par quelques pauvres re??novations en restaurant. Ne??anmoins dans Soul Kitchen , couronne?? du prix spe??cial du jury par le festival de Venise après avoir de??jà reçu de nombreuses re??compenses prestigieuses pour ses pre??ce??dents films, l’e??quilibre entre les problèmes expose??s et les solutions donne??es semble disproportionne?? et fait basculer le terme du film dans des cliche??s de??rangeants.

Tel le restaurant de Zino auquel on accroche par la suite la pancarte « socie??te?? ferme??e », Soul Kitchen ainsi que les autres films de Fatih Akin oscillants entre drame et come??die, ne??cessitent une phase d’adaptation. Celle-ci e??vite de de??clarer un peu rapidement que son cine??ma ne convient qu’à un cercle restreint de personnes adeptes du mouvement punk rejetant le minimalisme et son harmonie. Une fois cet e??chelon du doute gravite??, les films tels que Heads-on et De l’autre côte?? satisfont ou, comme dans le cas de Soul Kitchen, de??çoivent.

Son style charge?? et colore?? lui permet, e??trangement d’ailleurs, de se servir des cliche??s de manière ge??ne??reuse, mais l’abondance des ste??re??otypes dans Soul Kitchen nuisent au cine??ma atypique de Fatih Akin . La re??novation de la cuisine nous fait croire à un jeu vide??o. La vente aux enchères, paroxysme des cliche??s, devient grotesque. Les mimiques inventives, mais souvent exage??re??es de Moritz Bleibtreu ne supplantent pas les de??fauts du film et l’on surprend, e??tonne??, nos e??clats de rire incontrôle??s qui re??sultent plus d’un re??flexe que d’une satisfaction.

On regrette ces erreurs qui nous empêchent d’appre??cier à sa juste valeur le bouquet de personnages extravagants et de??phase??s; allant du vieux pêcheur toujours pre??sent, sans pourtant correspondre à l’univers qui l’entoure, au cuisinier chômeur ( Biro Ünel , l’alcoolique de Heads-on , mais la star de Soul Kitchen ). Ils viennent par intermittence redonner au film – comme au restaurant e??ponyme – la touche d’e??nergie et d’excentricite?? dont il a tant besoin. N’oublions pas non plus l’apparition courte mais sauvage et inoubliable d’Udo Kier, le « me??chant » par excellence – prote??ge?? de Fassbinder lorsque l’acteur n’e??tait encore qu’au berceau de sa carrière. À leur côte??, Moritz Bleibtreu et autres star(lette)s s’effacent.

Film du de??calage où amuse?? l’on observe des situations parfois saugrenues puisque aucun personnage ne semble être à l’endroit approprie?? ni lie?? avec les personnes ade??quates. Malheureusement Soul Kitchen se perd par la suite dans une fin profonde??ment pre??visible et de??sagre??ablement hollywoodienne.

Réalisation : Fatih Akın Scénario : Fatih Akın et Adam Bousdoukos Photographie : Rainer Klausmann
Interprétation : Adam Bousdoukos, Moritz Bleibtreu, Birol Ünel
Pays : France, Allemagne Genre : Comédie
Durée : 01h39min Année de production : 2008
Distribution : Pyramide Distribution

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