Zebraman 2 : attack the Zebra City

Zebraman est avant tout une curiosité, un film fantasque, décousu, qui défie tour à tour le bon sens et le bon goût, pour finalement s’installer dans les hautes cimes du n’importe quoi le plus total. C’est aussi ce qui le rend imprévisible, déroutant et du coup, à sa façon, captivant.

L’histoire déjà se cerne mal :
Zebraman se réveille en 2025, victime d’une léthargie de 15 ans. Le monde a changé : Tokyo est dirigé par un gouverneur, sorte de Samo Hung arrangé en droug de l’Orange Mécanique, qui a institué un culte à Zebraman. Le triomphe de ce dernier en 2010 contre une invasion extraterrestre (cf le premier film) aura été une double victoire : réelle la première, c’est d’avoir factuellement repoussé une menace E.T ; symbolique la seconde, manifestée par l’arrivée d’un super héros et d’un super méchant dans le train-train quotidien ; en quelque sorte c’est que le monde du manga se soit invité dans la réalité. Interpénétration libératrice pour les habitants de Tokyo.
En conséquence, le nouveau gouverneur a mis en place le Zebra Time, break dans la journée où tout est permis, y compris la criminalité la plus féroce. Parallèlement la police, elle, a le droit de tirer à vue sur les passants ( ! ) Tokyo est devenu Zebra City.

Zebraman victime de la Zebra Police va devoir recouvrer son identité, se battre contre la Zebra Queen, popstar sadique, dont il découvrira qu’elle est la matérialisation de sa part obscure, extraite de lui au cours d’une séance de centrifugation jamesbondienne, et à la fin se battre à nouveau contre les extraterrestres du premier épisode. Ces derniers prennent la forme d’une gelée qui peut faire penser au Bibendum de Ghostbusters ou au Boubou de Dragon Ball Z. Ouf ! La fin du film, qu’on ne révèlera pas ici, parachève le délire dans des proportions babyloniennes.

Zebraman est un sentai, pendant japonais du film de super héros américain, genre auquel on doit Xor, Bioman, et autres … Autant dire que quelque chose de cheap est naturellement affilié à ce type de production. D’afficher la couleur si fièrement, du moins avec si peu de gêne, contribue grandement au capital sympathie du film, mais reconnaissons-le aussi, peut-être ne vaut-il que parce qu’il est un affront à la bienséance et à la cohérence filmique. Il en devient, à sa façon, transgressif ; transgressif des codes narratifs et plus simplement cinématographiques. Qu’il soit, par ailleurs, l’œuvre de Takashi Miike, légataire d’une filmographie franchement hétéroclite, ne retire rien à l’impression générale, bien au contraire.

A réserver donc aux connaisseurs et aux cinéphiles anarchistes.

Titre original : Zeburâman: Zebura Shiti no gyakushû
réalisateur : Takashi Miike
acteurs : Shô Aikawa, Riisa Naka
scénariste : Kankurô Kudô
Pays : Japon

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