L’Arbre

Peu après que son père ne meurt brutalement d’une crise cardiaque, la petite Simone, avec sa belle petite frimousse blonde, se persuade rapidement que ce dernier s’est réincarné dans l’arbre tentaculaire qui surplombe sa maison. Une idée enfantine qui va pourtant rapidement gagner toute la famille, y compris sa mère Dawn ( Charlotte Gainsbourg ).

Les difficultés pour cette femme à se reconstruire après le décès de son mari, contrainte d’élever seule et sans aide ses quatre enfants imprègnent l’ensemble de cette fable, terriblement capricieux (la branche de l’arbre qui détruit une partie du toit, l’ouragan qui saccage tout), Charlotte Gainsbourg est comme une âme en peine, déambulant sans raison apparente. Très vite il apparaît que la seule bouée de sauvetage qui pourra la sauver de la noyade est l’amour que lui porte ses enfants, un amour capricieux, parfois égoïste, parfois très tendre. Simone ( Morgana Davies ) ne supporte pas la présence de cet autre ( Marton Czokas ) auprès duquel sa mère cherche du réconfort.

Autour de la présence fantastique de l’arbre, se construit petit à petit une nouvelle vie de famille, avec ses nouveaux repères. Le film arbore un côté fantastique, où le vent semble glisser des réponses aux questions des humains, où l’arbre répand ses racines partout autour de lui, empiétant sur les habitations. Cette figure de l’arbre, presque magique, offre une dimension poétique au film, poésie mise en avant par les superbes couchers de soleil et les couleurs paisibles du bush australien. La caméra de Julie Bertuccelli s’attarde en effet aisément sur ses paysages magnifiques. Cette absence de complexe quant à une apparente dimension fantastique de l’arbre est très appréciable, même si elle ne s’assume jamais totalement. L’arbre tentaculaire devient au fil de l’histoire un élément du décor et du quotidien auquel les personnages prêtent peu à peu une dimension particulière. On aimerait s’abandonner en fantasmant un arbre surnaturel. Mais l’absence de parti pris de l’histoire rend impossible ce fantasme.
On est toujours partagé entre la rationalité et un certain désir mystique. Le film ne tranche jamais radicalement ce qui est un peu dommage.

Charlotte Gainsbourg livre une prestation touchante. Être fragilisé par la mort de son mari, elle cherche à s’insuffler elle même le second souffle qui lui manquera probablement toute sa vie, et ce pour ses enfants. Morgana Davies est véritablement la (bonne) surprise de ce film, jouant admirablement une petite fille terre à terre et mélancolique au caractère bien trempé.

Une histoire d’amour entre une mère et ses enfants qui aurait mérité d’être moins tranchée. Que le pauvre Marton Czokas (qui ne parvient pas à donner de consistance à son personnage) ne trouve jamais grâce aux yeux de Simone c’est tout à fait cohérent ; que cette aversion farouche de l’enfant envers l’amant de sa mère entraîne l’éviction du malheureux c’est un peu fort. Pourtant voici un film talentueux, visuellement maîtrisé et qui livre un drame empreint de nostalgie.

Réalisation et scénario : Julie Bertuccelli d’après l’œuvre de Julie Pascoe Photographie : Nigel Bluck Musique : Grégoire Hetzel Interprétation : Charlotte Gainsbourg, Morgana Davies, Marton Csokas Date de sortie cinéma : 11 août 2010 Titre original : The Tree Pays : France, Italie, Australie. Genre : Comédie dramatique Durée : 01h40min Année de production : 2009 Distributeur : Le Pacte

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