Le Café du Pont

Plein soleil, sur les rives de la Garonne. Un père et son fils pêchent les écrevisses ; plus loin la mère et le cadet, assis sur des rochers, pêchent le goujon. Sur la plage de galets, un ami de la famille se tient debout et contemple. Plus loin, affalé sous un arbre, c’est le curé de la paroisse qui s’est assoupi. Maurice et Claudia Perret sont les gérants du Café du Pont, bar pittoresque d’un village avoisinant. Maurice nourrit l’espoir de pouvoir construire une salle de bal.

Autour de ce café, noyau dur de la vie en communauté, se greffe les histoires des uns et des autres, saisies comme par hasard. De la discussion de comptoir qui dégénère entre deux ivrognes au recueil d’un résistant polonais pendant l’Occupation ; du chant de la Marseillaise à la Libération à la sieste du curé ; d’une partie de billard qui s’éternise à un chasseur de taupe qui arrive au village. Comme des bribes de souvenirs, des petites scénettes qui ponctuent le récit lent et un brin nostalgique de la vie de cette famille.

Chaque scène est teintée de la subjectivité du narrateur, qui donne force et consistance à chacun de ces souvenirs de vie, quitte à les rendre caricaturaux, à les déformer. Pas clairement définie, la période sur laquelle s’étend le récit commence sous l’Occupation et se poursuit quelques années plus tard. Cette absence de repères, un peu déroutante, préserve le flou du souvenir, son imperfection. Au hasard d’une discussion, on apprend qu’un tel est décédé, qu’un autre a été arrêté. Puis plus tard on reconnaît un visage, une silhouette et on comprend qu’il a survécu. Des ellipses appréciables qui oxygènent un récit décousu, sans fil conducteur. Cette absence de ligne directrice semble pourtant sans importance. On est au cœur de la chronique.

Et de cette famille harmonieuse, on retient le courage modeste. Campan et Rebboah s’en sortent convenablement en commerçants débrouillards et débordés, qui se tuent à la tâche. D’un discret courage, ces gens simples sont filmés de façon lointaine avec une dignité presque poétique. Dans une ambiance qui, parfois, flirt malheureusement trop avec celle d’un téléfilm.
Agréable.

Réalisation et scénario : Manuel Poirier d’après l’œuvre de Pierre Perret Photographie : Sergio Dell Amico Interprétation : Bernard Campan, Cécile Rebboah, Thomas Durastel Pays France Date de sortie cinéma : 4 août 2010 Genre : Comédie dramatique Durée : 01h35min Année de production : 2009 Distribution Le Pacte Images © Le Pacte

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