Toy Story 3

Il est un âge où chaque enfant, devenu adulte, doit dire au revoir aux jouets qui ont composés ses jeux depuis des années. Cet âge où on range dans des cartons des piles de jouets, relayés au simple rang de souvenirs, et où l’on quitte le foyer pour vivre une vie d’adulte où les jeux n’ont plus la même place privilégiée.
Pour Andy, l’heure du départ à l’université a sonné. Woody et sa bande de jouets se retrouvent tous, par un concours de circonstances, dans le « paradis » de Sunnyday, une garderie pour enfants. Évoluant dans un monde ultra coloré et démesurément grand, ces héros animés se retrouvent prisonniers d’un jouet despotique, Lotso, traumatisé après que sa propriétaire l’ait perdu par mégarde.

L’humour à la sauce Pixar est à nouveau de la partie, avec quelques passages absolument hilarants (Buzz l’éclair réinitialisé en espagnol, le défilé de mode de Ken), des personnages sombres, terrifiants même pour des enfants (le bébé géant, le singe hurleur), un méchant qui n’en a pas l’apparence (Lotso, le gros ours rose qui sent la fraise). Ce décalage permanent, entretenu par une succession de situations comiques, ravit tous les âges. Barbie et Ken, Laurel et Hardy de ce conte, y ont une place importante, tant la poupée la plus connue et niaise de la planète et son compagnon de toujours enchaînent les répliques et situations cocasses. Sourires figés et gestes saccadés, le couple rappelle discrètement cette réalité du monde du jouet qui n’affecte par leurs congénères : celle de la monotonie.

Mais de monotonie il ne saurait être question ici. L’action trépidante ne semble jamais s’essouffler, jusqu’à son paroxysme, quand la résignation se lit dans les yeux de nos héros, proches du brasier (une sorte d’enfer pour jouets).
L’expressivité de ces visages de plastique est sidérante, la fluidité des mouvements impressionnante de maîtrise technique. Chaque mouvement est précis, concis, sans se dépourvoir de naturel. On retrouve ce plaisir de se prendre au jeu, de croire que des jouets peuvent réellement accomplir de telles prouesses.

Une belle histoire d’amitié dans un environnement trouble, sombre. La garderie est gérée d’une main de fer par un quasi dictateur où les jouets sont en permanence surveillés par des caméras, peu importe l’endroit où ils se trouvent. Orwell et son 1984 ne sont pas loin. Le bac à sable converti en cellule d’isolement pour les fortes têtes assombrit un peu plus la noirceur du lieu, qui n’a rien du paradis promis. C’est de cette prison d’Alcatraz, aux allures de prison dorée, que tentent de s’échapper les fortes têtes.

L’abandon de ses jouets par Andy illustre un traumatisme de l’enfance lié au passage à l’âge adulte, à la nécessité d’abandonner une part de soi. La difficulté de dire adieu à ses compagnons de jeux. Sans sentimentalisme outrancier, dramatique parfois, Toy Story 3 trouve le ton juste et nous parle de notre enfance. Et de ces jouets que nous avons tous laissés de côté.

Réalisation Lee Unkrich Voix anglaises Tom Hanks, Tim Allen, Michael Keaton Film pour enfants Date de sortie cinéma : 14 juillet 2010
Pays Etats Unis Genre : Animation , Aventure , Comédie Durée : 01h40min Année de production : 2010 Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France Images © Walt Disney Studios Motion Pictures France

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