City of Life and Death

Le 11 décembre 1937, les soldats chinois reçoivent l’ordre d’abandonner la capitale Nankin. Le 13 la bataille de Nankin, qui aura duré 6 semaines, est terminée. La ville est ouverte et occupée. L’armée japonaise va alors se livrer à des exécutions de masses et à des viols massifs.

Pudiquement et servi par un noir et blanc parfait, Chuan Lu ouvre presque chirurgicalement nos consciences. D’humiliations en humiliations, d’horreurs en horreurs, chinois et japonais se confondent et intègrent une nébuleuse livide où règnent cruauté, chaos et désespoir. Emportés par le flot de violence et l’enthousiasme grisant d’une défaite éclaire, les soldats japonais, bourreaux anonymes, tuent, pillent, violent sans discernement, sans pitié, sans raison.

Ce jeu de massacre qui semble irréel et interminable est d’une violence incroyable. Témoins de l’impuissance des civils et militaires chinois et de celle de la communauté internationale, nous sommes plongés au cœur des abominations de Nankin. Une petite fille qu’on défenestre sans raison, ces femmes contraintes de se porter volontaires pour assouvir les besoins sexuels des soldats en échange de vivres pour l’hiver, ces hommes qu’on ensevelit vivants, ceux là qu’on abat comme des bêtes, ceux ci qu’on décapite.

City of Life and Death est une œuvre qui sonne juste, sans céder à un manichéisme assommant.
Le réalisateur ne se fait pas juge des massacres mais tente de les représenter dans toute leur irrationalité. L’irrationalité de chacun qui forme une masse destructrice. La cruauté du commandant contrastant avec un jeune officier qui s’amourache d’une prostituée et qui relâche deux prisonniers dont un enfant avant de se donner la mort. Le courage suicidaire de cet homme qui choisit de rester et de sauver un officier, se condamnant au peloton d’exécution. John Payne est saisissant, bouleversant en officier allemand (John Rabe) dépassé et impuissant, en pleurs face aux horreurs et prêt à se démener pour chaque vie en jeu. Dans ce camp de réfugiés chinois, dernier vestige d’une humanité qui a depuis longtemps tournée le dos à la capitale déchue, les civils sont comme des êtres d’argiles, qui peuvent être brisés à chaque instant.

Un film poignant, comme une stèle pour ces milliers de chinois qui périrent à Nankin, sans comprendre.

Réalisation et scénario : Chuan Lu Photographie : Yu Cao Musique : Tong Liu Interprétation : Hideo Nakaizumi, Wei Fan, Liu Ye Titre original : Nanjing ! Nanjing ! Pays : Chine Genre : Historique Durée : 02h15min Année de production : 2009 Date de sortie cinéma : 21 juillet 2010
Distribution : Metropolitan FilmExport Images © Metropolitan FilmExport

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