Dog Pound (La fourrière)

Mais ensuite le film se met en marche et ça se gâte. C’est trash, ça oscille entre le calme malsain et la violence démesurée, un peu de langage cru de ci de là pour faire « authentique » soutenu par une version originale bienvenue, une bonne dose de bon sentiment sur la séparation noirs/blancs, une scène de viol téléphonée. Histoire de montrer ce que tout le monde a déjà vu.

Trois jeunes paumés plongés brutalement dans un bain d’eau glacé à peine sortie de leur adolescence. Pas des criminels en puissance, juste des petites frappes qui ont un problème avec la loi, et plus généralement avec l’autorité. « Des chiens errants » qu’on conduit à la fourrière en quelque sorte. Chacun d’entre eux adoptera une technique pour survivre. L’ultra violence, la soumission ou la discrétion. Un manuel de survie pour les nuls en prison alors ? Pas mal il fallait y penser. Mais c’est un peu insuffisant. Ca manque cruellement de souffle et de pertinence. La prison est un prétexte pour exhiber les humiliations et les violences que de jeunes êtres sont capables de s’infliger, dans un souci du détail pas toujours très à propos. Pas véritablement de messages, ou alors un seul qu’on aurait pu afficher sur une immense pancarte avec écrit dessus « la prison c’est mal mais heureusement ils restent entre méchants ». Tout le monde aurait gagné du temps.

Bien souvent niveau violence, les gardiens ne sont pas en reste et n’ont rien à envier à leurs juvéniles pensionnaires. Ceux du film ne dérogent pas à la règle, avec leur indifférence crasse et leurs attitudes de cow- boys. La rédemption du policier tueur est peu crédible sinon tout juste convaincante, soutenue par un beaucoup trop fade.

Contempler des soit disant fauves en cages pendant 1h30 peut avoir un certain charme à condition qu’on ait la patience et un goût prononcé pour les animaux à fourrures. Faute de fourrure contentez vous de combinaisons oranges pour ceux qui ont « fautés », vertes pour les « favorisés » dont le comportement a été « exemplaire ». Une lutte des classes ? Lisez Marx vous saisirez mieux le concept. Une lutte pour la survie ? Rudyard Kipling l’explique très bien dans son Livre de la Jungle, chez un bouquiniste le livre doit pouvoir se trouver pour moins de 5 euros. Un hommage discret à Judge Dred (« La loi c’est moi »). Et une dernière scène réussie ! Sans doute pour nous faire croire que tout le reste était également bon.

Réalisation : Kim Chapiron, scénario : Jérémie Delon Kim Chapiron, photographie : André Chémétoff, musique : Balmorhea, K’Naan, Nikfurie (la Caution), interprétation Adam Butcher, Shane Kippel, Mateo Morales. Interdit aux moins de 12 ans Pays Etats Unis Genre : Drame , Thriller Durée : 01h31min Année de production : 2010 Distribution : Mars Distribution, Date de sortie cinéma : 23 juin 2010

written by

The author didn‘t add any Information to his profile yet.

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

/**