Véronika décide de mourir

Depuis les succès commerciaux qu’ont été Scooby-Doo (2002), The Grudge (2004) et leurs respectifs deuxièmes volets, la carrière de Sarah Michelle Gellar n’est guère fastueuse. Pire, depuis 2007, aucun des drames psychologiques ou films de sciences-fictions dont elle s’est fait une spécialité n’a été distribué dans les salles françaises. Ce nouveau long-métrage n’est certainement pas celui qui remédiera à la situation.

Dès l’introduction, les intentions passent mal : cinq minutes de Véronika en voix-off et de suicide sur fond de Muse, et la voilà à l’hôpital psychiatrique, en salle de réveil. Sans que le spectateur sache qui elle est, d’où elle vient ou ce qu’elle a fait. Gênant, pour un film dont la dimension psychologique impose que le spectateur puisse s’identifier au personnage. La chose étant posée, ledit spectateur aura tout le temps d’inventer lui-même une vie à Véronika. En effet, le réveil de celle-ci coïncide avec le début d’une heure trente de vide intersidéral, dont émane de manière très sporadique quelques phrases que l’on devine devoir être les dialogues.
Schéma classique, sitôt sa mort imminente annoncée, à la vingtième minute environ, Edward (Jonathan Tucker, Sleepers , The Virgin Suicides ), le beau gosse, croise pour la première fois le regard d’une Véronika embrumée par les calmants. Pour autant, ce n’est pas lui qui fera la conversation, car il est muet ! Et il n’y a plus rien à en dire, si ce n’est qu’un accident de voiture est responsable de son mutisme et que sa petite amie y a perdu la vie… Éléments n’ayant absolument aucune incidence sur la suite des événements. Dès cette apparition, il est cependant difficile de ne pas comprendre la question principale du film : comment atteindre le bonheur ?

Malheureusement la réponse n’arrive jamais. Le film semble avoir été monté à l’envers : tous les moments susceptibles d’éveiller l’intérêt –début et fin- sont réduits à une minute d’enchainements d’images bien pratiques, là où un quart d’heure n’aurait pas été de trop pour accrocher le spectateur. Le reste du film est composé de longueurs. Noyé dans l’uniformité des jeux d’acteurs, lesquels affichent désespérément les mêmes airs pincés et souffreteux, qu’ils soient patients ou médecins. Dès lors, les rares moments de satisfaction que le spectateur est en droit d’attendre sont jugulés par le politiquement correct. Dommage, Véronika et un muet cherchant de nouveaux moyens de communication, il y avait de quoi sauver une partie du film…

A éviter donc, bien qu’une surprise dans le dénouement récompensera le spectateur ayant eu le courage de tenir jusqu’au bout. Le mieux restant de lire le livre de Paulo Coelho.

Réalisation : Emily Young
Scénario : Larry Gross, Paulo Coelho, d’après l’œuvre de Paulo Coelho
Musique : Murray Gold
Interprétation : Sarah Michelle Gellar, Jonathan Tucker, Erika Christensen, Melissa Leo, David Thewlis
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame
Durée : 98 minutes
Date de sortie : 13 avril 2010 en DVD
Année de production : 2009
Distribution : Seven-sept Images © Seven-sept

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